Maison Royale de Saint Louis (Saint-Cyr)

Forum RPG au temps de Louis XVI, dans la Maison Royale de Saint Cyr à la veille de la Révolution Française.
 
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 La Petite Fée En Or. [PV ♦ Isabeau de H.]

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MessageSujet: La Petite Fée En Or. [PV ♦ Isabeau de H.]   Ven 17 Fév 2012 - 18:39

La Petite Fée En Or



Cette après-midi-là, j’étais assise sur les marches, devant la grande porte en bois qui mène à Saint Cyr. Les autres Colombes étaient là, en face de moi, pour la plupart souriantes, heureuses de vivre, de survivre, peut-être, pour certaines… Mais j’étais là moi, seule, comme à mon habitude. Je ruminais mes sombres pensées, refusant d’aller vivre, de m’amuser avec les autres. Obnubilée par la mort de ma mère, par ce collier, que mon père venait de m’offrir. Assise, j’étais là, regardant indifféremment, avec mon regard mauvais, ce collier, ce simple collier, avec cette petite fée en or, qui venait de percer ma carapace, que je pensais pourtant si invulnérable. Oui, j’étais là, assise, sans défense, les yeux dans le vague, l’esprit un peu embué, comme le matin même, lorsque mon père, avant de me laisser ici, m’avait offert ce collier, faisant une sourde allusion à ELLE.
Il l’avait fait exprès. Evidemment, il voulait savoir, comprendre, tenter de deviner, de percer à jour, le monstre d’égoïsme et d’indifférence que j’étais. Il voulait voir qui était vraiment Rochelle. Savoir, oui, il voulait savoir. J’avais encore, à cette époque, le deuil de ma mère sur le cœur, enfouie au plus profond de moi, caché, vivant à travers la Rochelle n°2, que je tentais de tuée, à l’intérieur de moi. Mais ELLE était là, au fond, ne voulant pas disparaitre, ne se laissant pas abattre, cette fois. Je LA détestais tant. Je La détestais d’être morte si tôt, si jeune, je La détestais de m’avoir abandonnée, comme ça. Je lui en voulais tellement, de ne pas avoir plus lutté, de me laisser orpheline de mère sur ce monde dont je ne connaissais rien. Je lui en voulais de m’obliger à porter le deuil, je… je crois que malgré l’amour que je lui portais étant petite, le désespoir que j’avais ressenti, 9 ans auparavant en voyant son corps sans vie, faisait que dans mes moments les plus noirs, le la haïssais. Oui, cette après-midi-là, je la haïssais. Pas comme après une dispute mère-fille, non, je sais que je la haïssais comme on hait notre pire ennemi. Au fond, n’était-elle pas ma pire ennemie ?
Pauvre mère, comme je la plains aujourd’hui. Si le paradis existe - et j’en suis convaincu - et que SON âme erre Là-Haut, ses yeux posée sur moi, ses oreilles écoutant mes paroles, comme ELLE doit souffrir. Oui, je la haïssais. D’ailleurs, aujourd’hui encore, la force et la rage de sa mort monte en moi et une haine incontrôlable pour cette femme qui n’a pas réussi à survivre me submerge. Pauvre mère.

Mais revenons à mon père. Cher père. C’est sûr, avec ce collier, et la mémoire tapis d’ELLE dans mon cœur, c’était facile de savoir, de deviner, de trouver ! Laisser mariner quelques secondes - pas plus- et vous avez le résultat attendus. Oui, je me rappelle à quel point j’avais pu lui en vouloir. Il avait tout préparé, tout manigancé, tout seul, dans sa petite tête, juste avant notre départ pour Saint Louis. Ah, papa… Il avait pris un objet, LUI appartenant, un objet qui LUI était cher, un objet qui ferrait remonté un moi de souvenirs. Et puis, banalement, il l’avait secoué devant moi, comme si on secouait un hochait devant un bébé. C’était bien joué, papa. Il avait scruté ma réaction, sans même que je m’en rende compte. Oh, sur le coup, mais comme je lui en voulais ! Aujourd’hui, c’est différent. Ce geste prouve qu’il voulait savoir si je tenais ma mère, ce geste prouve, qu’au fond, il tient un peu à moi… Et surtout, ce geste ma prouvé, à moi, que je tenais encore ma mère. Et c’est pour cela que je lui en voulais, et je m’en rends compte aujourd’hui. Il ne fallait plus que j’ai des sentiments pour ELLE. Il ne fallait plus que j’ai de sentiments, tout court !
Oui, donner ce collier, parlé de mère, pour tester sa fille, pour me tester, pour voir si j’avais des sentiments, c’était bien joué, père. J’étais furieuse, j’en voulais à ce simple collier, à cette banale petite fée en or, d’avoir déjouée tout mon système de défense. Moi qui pendant toutes ses années, avait pensé, bêtement, être l’abri dans cette carapace, je me suis, ce jour-là, rendus compte que c’en n’était rien. J’étais aussi vulnérable que le jour de sa mort. C’était dur à avaler. Je me rappelle avoir balancé le collier devant moi, et d’avoir mis ma tête dans mes mains, laissant mes doigts glisser dans mes cheveux. Je m’étais fait avoir comme une sotte, j’étais tombée, sans même m’en apercevoir, dans le piège, tendu, grand ouvert, devant moi. J’avais, pour une fois, baissé la garde. C’était une fois de trop. Toutes ses rempares dures et fortes, ses murailles de pierres incassables, ce bouclier, qui m’avait si longtemps protégé ont fondus, d’un coup. Et je me suis retrouvée comme nue, devant le fait accomplie, le collier de ma mère, SON collier, dans les mains, les yeux embués et l’esprit flou.
Ahah, père devait être content. Il avait réussi à déjouer la forteresse que j’étais devenue, il m’avait mis à terre, très finement, partant avant même qu’il ne gagne la bataille. Oui, comme je m’en voulais à l’époque. Aujourd’hui, je m’en veux de m’être enfermée, de ne pas avoir profitée de la vie, que moi j’avais réussi à garder. Je relançai ma tête en arrière. Je m’étais fait avoir une fois, mais il n’était pas question d’anéantir toutes ses années de lutes acharnées, juste à cause de ce collier. Non. J’étais folle de rage, mais l’envie d’être au-dessus de tout cela, d’être au-dessus de la mort de ma mère, d’être au-dessus d’ELLE, était forte, tellement plus forte que n’importe quel piège que mon père aurait pu inventer, que je sortis plus déterminée, et plus convaincu, de cette aventure. Non, ça n’allait pas se passer comme cela. Quelqu’un avait réussi à me mettre à terre, une fois, une seule et misérable fois, et personne, je dis bien personne ne pourra un jour recommencer. C’est ce que je me disais, sûr de moi, comme à l’habitude. Oh, la belle idiote que je faisais. Arrogante, j’étais tellement fière - et sûr - de ma parade, de ma défense. Oui, je ne m’imaginais pas tout ce qui allait m’arriver par la suite. J’étais là, sur les marches de cet escalier, butté contre cet évènement, cet obstacle devrais-je dire ! qui allait à l’encontre de ce que je voulais devenir : une femme forte, froide, qui dépasse tous ses sentiments et les contrôle d’une poigne sûr et forte. J’étais vexée, mais sûr que cela ne se reproduirait plus. Ah, aujourd’hui, j’aurais tant aimée que cet évènement me fasse ouvrir les yeux, me change à jamais. Que je puisse profiter de la vie qui s’offrait à moi. Que je puisse pardonner, ne serait-ce qu’un peu à ma mère. Mais cela est trop demander. Aujourd’hui encore d’ailleurs, j’y arrive à peine. C’est trop dur.

Bon revenons à ce pourquoi nous sommes là :
Pendant les 9 années qui ont précédé mon arrivé à Saint Cyr, j’étais toujours restée maitre de mes sentiments, et de mes réactions. Alors ce jour-là, j’étais décidée à le rester. Convaincu que maintenant ce point était clair, je m’étirais, restant toujours assise sur les marches, à l’ombre. J’étais bien, là, dans la tiédeur de l’ombre, oubliant mes soucis qui la seconde d’avant me taraudais. J’avais chaud, car cet après-midi-là, il faisait bon. Les petites Rouges s’amusaient entre elles, courant l’une derrière l’autre. Les plus âgées discutaient, se murmurant des mots à l’oreille. Et moi, seule, tranquille, je les observais. J’aime toujours ça aujourd’hui, observée, scrutée, dans mon coin, dans mon endroit à moi, où je me sens bien. Souvent, ce sont des coins sombres. Nostalgie de ma jeunesse, sans doute…

Je viens de relire toutes ses lignes que j’ai écrit sur ma journée qui a précédé mon arrivé dans la Maison Royale de Saint Louis. Je vois que je parle beaucoup de moi, de ce que j’ai ressentis. Grand Dieu, je ne me pensais pas aussi égocentrique que cela ! Mais cela me fait du bien d’écrire se passé douloureux. Cela me vide. Après chaque passage, je me sens plus légère, plus propre, plus lisse. Un sentiment de bonheur, de travail qui, depuis de nombreuses années ne jamais était fait, mais qui enfin est finit, envahit mon esprit. Vous savez, ce sentiment de bonheur, un peu fatigué, et cette envie de ne rien faire, car on sait que l’on a bien mérité notre moment de tranquillité. Et bien après chaque passage que j’écris, sur chaque jour sur ma vie, sur mon passé, mon enfance, ma jeunesse, j’ai l’impression d’avoir fait quelque chose de bien, de pouvoir me reposer pour avoir fait un dur labeur. Pour aujourd’hui, je crois que cela va être tout. Je vais m’arrêter, et me reposer. Comme après chaque passage… Je finis juste le récit de ma journée :

Le collier en or était toujours posé sur une marche, un peu plus bas que moi. Je ne voulais pas le ramasser. Le ramasser, c’était me dire que j’y tenais. Or, je n’y tenais pas. Enfin si, mais il ne le fallait pas, je ne le voulais pas. J’entendis des pas derrière moi, des talons qui claquent, un bruissement d’étoffe. Une Colombe. J’étais paniquée. Bien sûr, ce n’étais qu’une Colombe, rien de bien effrayant. Mais j’étais dans un état étrange, depuis le matin. Alors, d’un geste furtif je pris le collier et le cacha dans mon corset. J’avais tellement honte de ce geste. Je me prouvais, une fois de plus, qu’au fond, je n’étais pas aussi invulnérable que cela. Aujourd’hui, ce geste me fait rire. Je me revois, le rouge aux joues, hésitante. Devais je le remettre sur la marche, ou bien le laisser glisser dans mon corset, contre ma poitrine ? Finalement, pas très fière de moi, je le cacha contre moi. Aujourd’hui, quand je revoie le collier de ma mère, je me dis que j’ai bien fait de le garder. Même si je n’ai toujours pas finit mon deuil, il m’apaise. Mais à l’époque, Grand Dieu, comme j’avais honte ! Donc, après avoir caché ce fameux collier, je tournai alors mon visage vers la Colombe qui venait de s’approchée. Je me voulais imposante et fière, le regard dure et ferme -car j’étais une Bleu tout de même, une des plus âgée !- mais je ne pense pas y être arrivée. Déjà de par ma faible volonté, et puis mon physique sans grande expression de m’aidai point. Je fixai donc, avec une expression que je ne saurai décrire, ne m’ayant pas vue sur le moment, la Colombe qui venait de s’approcher de moi.


Dernière édition par Rochelle de Sainte-Anne le Mer 22 Fév 2012 - 17:31, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: La Petite Fée En Or. [PV ♦ Isabeau de H.]   Dim 19 Fév 2012 - 23:58

Isabeau se promenait depuis déjà quelques temps dans le jardin de l'école, elle aimait la nature depuis sa plus tendre enfance. Le jardin de Saint Cyr ressemblait un peu à celui qu'elle avait dans la propriété de ses parents, il lui rappelait les années qu'elle avait passé là-bas,les parties de cache cache avec ses frères et soeurs.
L'endroit qu'elle aimait le plus était un petit bosquet au centre du quel était une petite fontaine, et à sa grande surprise quand elle arriva à Saint Cyr elle y trouva presque le même. Isabeau aimait s'y reposer seule quand ses proches lui manquaient, le bruit de l'eau s'écoulant contre la sculpture de calcaire l'apaisait. Cet endroit avait aussi une autre signification pour la colombe, c'était dans ce bosquet qu'elle avait fait la rencontre de son cousin Henri qui plus tard est devenu son fiancé.
A cette pensée Isabeau senti le chagrin la submerger, ils n'avaient pas pu se marier car Henri n'avait pas fini ses études à la faculté et qu'il voulait s’enrichir avant son mariage . Isabeau avait du donc se résigner et partir pour Saint-Cyr en attendant qu'il vienne la chercher. Avant de partit il lui avait donné un médaillon qu'elle portait toujours au cou .
Il était en argent et contenait leur deux portraits. Quand il lui manquait elle ouvrait le médaillon et les regardait.
Plongée dans ses pensées Isabeau avait dépassé le bosquet et était maintenant face au bâtiment.

Devant la maison sur la grande pelouse les petites rouges jouaient à la balle et au croquet, les vertes et les jaune dansaient et les bleus conversaient avec animation n se promenant sur les allés sablées.
Toutes semblait heureuses, souriaient et riaient.
Comment pouvaient- elles ... elles semblaient oublier qu'elle étaient enfermées, coupées du monde et de leurs familles.
Cloîtrées comme dans un couvent à quelques pas de Versailles .....?


Isabeau s’arrêta et les contempla un instant tournant les yeux vers le bâtiment elle remarqua une bleu assise sur les marches devant la porte. Elle semblait triste, sombre .... les yeux fixés sur une chose brillante pose à côté d'elle. Isabeau s'approcha et identifia la chose comme un pendentif en or.
Portant discrète d'habitude Isabeau marcha sur une brindille se qui fit craquer son talon. Ceci sembla troubler la colombe qui attrapa le collier et le glissa dans son corset comme prise entrain de commettre une faute.

Isabeau prit alors la parole:


-Veuillez m'excuser je ne voulait pas vous déranger mais l'éclat de votre pendentif a attiré mon attention et.... je suis vraiment désolée. En parlant du pendentif instinctivement elle posa la main sur le sien elle pensait que celui de la bleu devait avoir à ses yeux autant de valeur sentimentale que le sien.

Elle allait tourner les talon quand la colombe la rappella:


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MessageSujet: Re: La Petite Fée En Or. [PV ♦ Isabeau de H.]   Lun 20 Fév 2012 - 15:44

La Colombe qui se tenait près de moi, et qui semblait avoir été attirée par le collier était une Jaune. Les quelques rubans que nous portions sur nos robes nous permettaient de nous reconnaitre. Je n’aimais pas - et aujourd’hui encore - cette manière de nous distinguer. Chacune se pavanait, montrant fièrement ses rubans, soi-disant qu’elle en aurait plus qu’Untel. Et puis, j’avais l’impression qu’on nous prenait pour des animaux, qu’on clôturait dans des parcs selon quand on rejoindrait l’abattoir. L’abattoir étant évidemment le mariage. Un mariage dans lequel nous ne choisissons ni le mari, ni le lieu, ni la robe, ni… ni rien. Pas la peine de s’éterniser sur le nombre de choses dont, nous les femmes, n’avons pas le droit de choisir, il y en a tellement. Revenons plutôt à la Jaune.

Je me rappelle, encore aujourd’hui, son expression gênée, un peu timide, d’une fille trop curieuse, mais pas bien méchante. Moi, au fond, je m’en fichai qu’elle m’ait vue, qu’elle ait vue le collier, qu’elle m’ait vue, paniquée, le ranger contre mon corset. Cela m’importait peu, ce n’était pas une faute, et qui viendrait s’inquiéter de ce collier. Non, ce qui sur le moment me torturais, m’agaçais, me faisais souffrir, m’anéantissais même, c’était le fait que j’avais reprit ce collier. C’était le fait que j’y tenais ! Alors que, la seconde d’avant, j’étais persuadée de n’en avoir que faire ! Les mots vous paraissent peut-être trop fort, peut-être trouvez-vous qu’ils sont trop poussés, pour juste cette sensation, ce dérangement. Au fond, vous vous dites que ce n’est qu’un collier, que ce n’est pas la peine d’en parler pendant des heures. Hélas… Pour moi, ce n’était pas, et ce ne l’est toujours pas, qu’un simple collier. C’était ma mère, ce qu’il en restait, ce que je voulais ne plus revoir, ce qui devait disparaitre, mais qui était là, inlassablement là, devant moi.
Oui, certains objets ne sont pas juste des objets, ils ne sont pas juste là pour orner un cou, une table ou un mur. Ils peuvent être des souvenirs, des cadeaux, de grandes valeurs ou non, mais sentimentalement, ils sont tellement plus. Ils peuvent nous faire revivre de bons, ou de mauvais moments, un épisode de notre vie, ou bien juste une image, que l’on aurait vu un jour. Mais ce qui relie tous ces objets, qu’importe leurs significations et leur propriétaires, c’est bien le sens diffèrent, la petite touche en plus, qui les différencie d’un simple objet. Ils nous tiennent à cœur. Et des fois, on préférerait ne jamais les avoir vu, ne plus y tenir, les faire disparaitre de notre vie. Mais l’amour, ou même tout autre sentiment, ne peut pas totalement disparaitre. On peut juste le contrôler, l’affaiblir. Et c’est ce que, du haut de mes 17 ans, j’avais eu l’intention de faire, assise sur les marches de Saint Cyr, les yeux posés sur le visage de la Colombe. Cette pauvre Colombe, qui devait bien ce demander pourquoi, pour se simple collier, j’avais autant le rouge aux joues, et pourquoi je semblais si perdue dans mes pensées. Je me rappelle m’être sentit étrange, après une phrase qu’elle m’avait adressée. C’était quelque chose comme :
« Veuillez m'excuser je ne voulais pas vous déranger mais l'éclat de votre pendentif a attiré mon attention et.... je suis vraiment désolée. »
L’éclat de MON pendentif. C’est ça, qui m’avait frappé dans sa phrase, pourtant si banale. Ce n’était pas mon pendentif. Ce n’était pas MON pendentif. Aujourd’hui encore, si quelqu’un, en voyant ce collier dit que c’est MON pendentif, je crois que je ne pourrais pas me contrôler. Ce n’est pas MON pendentif. C’est SON pendentif, à ELLE. ELLE, qui m’a abandonnée, ELLE qui m’a lâchée, ELLE…
Je tremblais presque, je me sentais mal, j’avais la tête qui tournais. Mon pendentif. Ces mots tournaient dans ma tête, comme des pigeons qui font obstinément le tour du clocher de l’église. Ces simples petits mots, qui n’ont -en apparence- rien de bien extraordinaire m’avait mis dans tous mes états. Assise, maintenant, plume à la main, en face de mon petit bureau, je ressens encore cette émotion, cette sensation de vertige, d’envie de vomir, cette sensation où le sol se dérobe sous vos pieds, où le ciel bleu s’efface pour laisser place à un immense vide blanc. Cette sensation où rien, rien ! ne pourra vous en sortir. On a l’impression de flotter dans du vide, d’avoir mal, mais on ne sait où. On a l’impression que la fin est proche, et étrangement, on en a pas peur, on l’attend, gentiment, comme si on savait ce qui allait se passer. Et puis cela passe, on redevient nous-même, le ciel redevient bleu, le sol est bien là, solide et ferme sous nos pieds frêles. Et on s’étonne, d’avoir la seconde d’avant, autant ressentit cette fin, si proche, et pourtant si lointaine. Aujourd’hui, en face de mon papier noir d’écriture, je ressens encore, avec un désagréable frissonnement dans le dos, cette sensation de déséquilibre, comme si quelqu’un vous attrapait par la cheville pour vous faire tomber. Cette phrase, c’était comme si elle m’avait fait un croche-pied. Je m’en souviens si bien… C’est pour ça qu’aujourd’hui, je peux vous la décrire comme si c’était en train de se produire. J’étais tellement déséquilibré par cette remarque. MON collier. SON collier ! Après tout, il m’appartenait maintenant, pourquoi chercher plus compliquer. Père me l’avait donné, dans l’ordre des choses, c’était le mien maintenant. Mais c’était plus subtil que cela. Beaucoup plus. Il lui avait appartenu, c’était elle qui l’avait porté en premier… c’était horrible. Je ne saurais aujourd’hui vous expliquer en quelques phrases ce que j’ai ressenti sur le moment. J’en voulais à cette fille, qui n’y pouvais d’ailleurs rien, mais qui en quelques mots m’avait encore plus troublé que je l’étais avant.

Plongée dans mes pensées, je ne prêtais plus vraiment attention à la Colombe, bien qu’intérieurement, je la maudissais. En relevant la tête, je me rendis compte qu’elle s’éloignait. Alors, et je ne saurais vous dire pourquoi, je me levai, et le visage dur, froid et ferme, je lui lançais, comme pour la retenir :
« Ce n’est pas mon collier. Vous entendez ? Ce n’est pas mon collier ! NON ! Il est, à ELLE. ELLE ! »
Bien sûr, ce que je venais de dire était vraiment ridicule, et aucun intérêt. Mais autant la phrase de la Jaune, je ne me souviens plus des termes exacts, qu’ici, mes mots dit avec force et véhémence, je m’en souviens parfaitement. J’avais les poings fermés, serrés du plus que je pouvais, et ma mâchoire c’était refermée sèchement. J’étais en colère. Après cette Colombe, oui, je l’avoue, je lui en voulais tellement. Bien sûr, c’est idiot, et aujourd’hui, je m’en veux, à moi et à moi seule, mais je ne pouvais pas me contrôler. Je ne pouvais pas me retenir, c’était comme un cri de détresse, c’était… Encore une fois, mes sentiments m’échappaient. Cette première journée, je m’en souviendrais longtemps. Toujours d’ailleurs conviendrait mieux. Et puis, si je la couche aujourd’hui sur le papier, ce n’est pas pour rien.

Je me rappelle qu’après cet élan spontané, j’étais resté là, debout, sans vraiment s’avoir que faire. J’imagine bien l’étonnement, la surprise, peut-être la peur, de la jeune Colombe qui ne devait rien n’y comprendre. La pauvre, elle n’avait pas voulu me fâcher. Mais sur le coup, ce jour-là, je me fichais complètement de ce que la Jaune avait pu ressentir. Je ne pensais déjà plus à elle. Parce que j’étais là, figée, incapable de bouger. J’étais paralysée. Je ne pouvais plus rien dire. Et puis, à un moment, sans que je comprenne pourquoi, tout ce remit en marche, et je m’assis mollement sur ma marche froide d’escalier. La tête de mes mains, je ne comprenais pas pourquoi j’avais régit ainsi. Bien sûr, j’avais été choquée qu’elle dise MON collier, mais il n’y avait aucune raison pour que je lui signale, pour que je lui fasse payer même ! Après tout, qu’est-ce qu’elle en avait à faire qu’il soit à moi ou à ELLE ? Qu’est-ce que cela changerait ? Fallait-il vraiment que je lui remarque ? Et puis cela ne servait à rien de lui dire si méchamment. Elle n’avait pas voulu me troubler. Aujourd’hui, j’aurais aimé m’excuser auprès d’elle, lui expliquer ma réaction. J’aurais aimé être une autre Rochelle, tout simplement. Mais sur le coup -honte à moi- cette colère soudaine et injustifiée m’avait fait du bien. J’étais soulagée, libre et en paix avec moi-même. Et même si je plains cette pauvre Colombe, qui doit aujourd’hui ne plus en être une (j’espère pour elle !), je la remercie. Cette colère à permit de laisser sortir, un peu, un tout petit peu, mais un peu tout de même, cette rancœur qui me rongeait. On était loin de la guérison, mais c’était déjà cela. Mais quand j’avais 17 ans, je n’ai pas pris cette réaction pareille. Etrangement, même si je m’étais emporté contre la jeune demoiselle, je la remerciais intérieurement. Je m’étais soulagée d’un poids énorme. Certes, j’avais laissé transparaitre mes sentiments, mais en m’énervant, et donc en les vidant, j’étais certaine de ne pas recommencer. Aussi certaine que quelques minutes plus tôt je pensais n’avoir rien à faire de ce collier. Et je me trompais. L’avenir me permettra de me rendre compte que, une fois de plus, je me trompais. Mais orgueilleuse comme je l’étais, je ne pouvais pas me l’avouer.

Je regardais donc la Colombe, voulant paraitre méchante. Mon Dieu comme j’ai honte aujourd’hui ! Je préférais paraitre odieuse plutôt que de me soumettre et de m’excuser. Que voulez-vous, j’étais jeune et fière. Je ne pensais pas aux autres. Aujourd’hui c’est diffèrent. Du moins je crois. Mais me parler de ma mère, ou faire allusion à elle, même sans le vouloir, est plutôt risqué, aujourd’hui encore.
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MessageSujet: Re: La Petite Fée En Or. [PV ♦ Isabeau de H.]   Mar 21 Fév 2012 - 0:23

« Ce n’est pas mon collier. Vous entendez ? Ce n’est pas mon collier ! NON ! Il est, à ELLE. ELLE ! »

Le cri fit se retourner Isabeau , la bleu était debout comme figée par une force invisible et semblait ne plus rien voir autour d'elle. Isabeau vit dans ses yeux un mélange d'égarement et de fureur. Elle y note une pointe de désespoir caché cependant comme si la bleu se composait une carapace ,un masque pour faire en quelque sorte bonne figure.
Soudain comme sortie d'un rêve ,reprenant conscience elle se laissa tomber sur les marches la tête dans les mains.

Isabeau ne savais plus quoi faire et réfléchi quelques minutes debout devant la bleu qui elle non plus ne bougeait pas.
La réaction de la colombe semblait venir de son collier, c'est donc sur cette piste que s’engagea Isabeau.
Le collier était à ELLE mais qui était ELLE ??? Une amie, soeur, tante, mère ....
Toute cette histoire intriguait vraiment Isabeau.


Tout doucement et sans rien dire elle s'assit paisiblement à côté de la bleu et attendit.

Isabeau aimait aider son prochain , même si quelques fois ce dernier ne le souhaitait pas. Certaine personnes étaient mêmes énervés par sa bonne volonté et sa patience qui pour eux était de l'acharnement. Mais à force de persévérance et de volontés elle arrivait à sortir les gens de leur carapaces et à les aider.
Elle pouvait aussi faire preuve d'autorité quand cela était nécessaire mais toujours avec délicatesse et habileté.


En attendant que la bleu dont elle ne connaissait pas le nom sorte de sa réserve elle jouait avec son propre médaillon ce qui produisait de doux cliquetis.

Puis soudain sans réfléchir elle se mit chantonner tout bas:

- A la claire fontaine.......
Cette chanson, elle la chantait pour ses soeurs quand elles étaient tristes.

La voix d'Isabeau sembla provoquer une réaction chez la bleu car sortant de sa réserve elle lui dit:




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Elisabeth du Bois Vermeil

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MessageSujet: Re: La Petite Fée En Or. [PV ♦ Isabeau de H.]   Mer 4 Juil 2012 - 18:38

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La Petite Fée En Or. [PV ♦ Isabeau de H.]

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