Maison Royale de Saint Louis (Saint-Cyr)

Forum RPG au temps de Louis XVI, dans la Maison Royale de Saint Cyr à la veille de la Révolution Française.
 
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Scrounch ! "Mangez des taupes !" Souvenirs... <3 (by Hed)

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 La nuit. Sombre comme ses pensées, froide comme son coeur. [PV]

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Elisabeth du Bois Vermeil

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MessageSujet: La nuit. Sombre comme ses pensées, froide comme son coeur. [PV]   Ven 2 Déc 2011 - 23:55

No chance for fate, it's unnatural selection
I want the truth.

(c) Muse.

Il faisait noir. Noir et frais, pour ne pas dire froid. Dehors, la pleine lune jetait des rayons bleutés sur la nature endormie et calme, sereine. La brise légère jouait avec les feuilles des arbres, les brins d'herbe, les fleurs... les rideaux des fenêtres sans vitres aussi. Et la fine petite chemise de nuit dont était vêtue Eli. Ses petits pieds nus marchaient silencieusement sur le carrelage du couloir en direction de la sortie. Comme chaque nuit, elle n'arrivait pas à dormir. Elle avait décidé que, cette fois encore, elle irait se promener un peu. Pour se changer les idées. C'était tellement différent, tout était tellement différent la nuit. Si elle avait pu choisir, elle aurait vécu la nuit, sans hésiter. Mais comme d'habitude, elle n'avait pas le choix, personne ne lui demandait son avis. Jamais personne ne l'avait fait. Jusqu'à ses onze ans, c'était le soleil et la beauté du jours qu'elle idolâtrait, ils lui étaient inaccessibles, elle les voyait parfois par le trou qu'était l'entrée dans la mine de son père. Lorsque l'occasion se présentait, elle partait avec son frère à cheval et en profitait à chaque fois pleinement, sachant qu0elle ne se représenterait pas de sitôt, et qu'en plus, elle serait fortement réprimandée pour cet acte osé. Pendant les quatre ans qui suivirent son onzième anniversaire, elle pouvait dire que sa vie était normale, il est vrai, comme celle e toute autre jeune fille qui avait besoin d'un peu plus d'argent et qui servait dans une auberge. Mais c'est alors que sa vue des choses changea et elle commença à préférer le calme de la nui, rompu parfois seulement par le ululement d'une chouette. Si vivre était vivre sans répit d'hommes telles que ceux de l'auberge, Eli aurait préféré mourir, ou plutôt ne même pas naître, se disait-elle. Le soleil ne lui importait plus, désormais, puisque vivres sous ses rayons voulait dire vivre avec des tapes sur ses fesses et des soulèvements de jupons éternels, des gifles distribuées à l'infini, des centaines de stratégies inventées en son for intérieur pour échapper à un destin qui la condamnerait à jamais. Et depuis ses quinze ans, Eli n'avait plus de destin. Il était vrai qu'avant, elle aurait pu se douter qu'elle finirait sans espoir, mais depuis ses quinze ans, elle en était sûre. Elle n'avait pas pu lui résister, lui échapper, elle n'avait pas été assez forte. Il l'avait plaquée, il l'avait rompue. Et IL l'avait tuée. Achevée. Tous deux, comme s'ils s'étaient mis d'accord, s'en étaient pris à elle le même jour. Qu'avait-elle fait à qui pour le mériter ? Elle ne le découvrirait sans doute jamais. Tout ce qu'elle savait aujourd'hui était que personne ne pourrait la tirer de là où elle avait sombré, et que c'était bien pour ça qu'elle préférait la nuit. Sombre comme ses pensées, froide comme son cœur.

Elle ouvrit la porte d'entrée en un grincement inévitable. Elle avait de l'expérience et, puisqu'elle ne pouvait empêcher la porte de faire du bruit, du moins l'ouvrait elle le plus rapidement possible pour écourter ledit bruit au maximum. Elle n'avait jamais réveillé personne, heureusement d'ailleurs, mais même si cela arrivait, elle n'arrêterait pas ses sorties nocturnes pour si peu. Elles lui étaient vitales. Chaque nuit, elle se sentait l'énergie de gravir des montagnes, alors que pendant le jour, c'était à peine si elle ne tombait pas, si ses jambes ne la lâchaient pas. Le rayon de lune éclaira u instant le vestibule, mais la porte finit par se refermer nouveau et l'emprisonner dehors. Après tout, pensa Eli, c'est bien mieux pour toi ainsi. Tu n'aurais tout de même pas aimé être enfermé là dedans ?! Sa peau était pâle, blanche dans les tons bleus, tandis que ses cheveux flottaient au vent, tout comme sa petite chemise qu'elle avait toutes les peines du monde à maintenir sur les cuisses. Cela lui était déjà arrivé qu'elle se rebelle et, aidé par le courant d'air du couloir du deuxième étage, elle s'était levée complètement. Eli avait perdu le contrôle. Le vent l'avait déshabillée, presque. Après tout, elle était - devait être - habituée. Mais elle aurait tout de même été gênée de se montrer nue à la lune, majestueuse, comme un cygne, entourée de ses étoiles, reine de la nuit. Immobile, Eli la regardait, détendue et concentrée. Elle était complètement calme, vidée de toutes ses sensations, tous ses souvenirs, elle ne ressentait plus rien, ne percevait plus rien. Elle était libre, enfin.


[Pas le meilleur RP que je puisse faire, mais RP quand même, alors bon. =D]

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Dernière édition par Elisabeth du Bois Vermeil le Ven 23 Déc 2011 - 15:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La nuit. Sombre comme ses pensées, froide comme son coeur. [PV]   Mar 6 Déc 2011 - 23:19

Eli & Savy ♥
Music ♪ Happy Ending - Mika.
Insomniaque. Voilà qui aurait pu qualifier Saverina. Depuis son arrivée à Saint-Cyr, voilà quatre ans, elle n’avait presque pas fermé l’œil. Elle essayait, se forçait, chantait toutes les berceuses italiennes et françaises de sa connaissance, mais rien n’y faisait. Elle ne dormait qu’une ou deux heures par mois. C’était encore une de ces nuits de veille. La lune formait un de ces croissants fins et majestueux de début de cycle. Les étoiles semblaient ressortir le noir d’encre de la nuit. A moins que ce ne soit le contraire. Le chant d’un hibou traversait l’air glacé. Glacé, comme ce carrelage sous les pieds nus de Savy. Des pieds violets de froid, un peu mouillés à cause de l’humidité. Elle s’était levée de son lit sans réveiller personne et déambulait dans les couloirs vides. Elle n’avait pas prit sa cape, elle n’avait même pas pensé à ses souliers. Ses bras croisés devant sa poitrine dans un geste de protection, elle avait froid. Sa mâchoire claquait, son corps tremblait. Sans doute aurait-elle mieux fait de retourner dans son lit, sous les draps encore chauds. Mais c’était au-dessus de ses forces. Entendre les respirations calmes et assoupies des autres Jaunes lui rappelait cruellement qu’elle-même n’avait pas dormi depuis longtemps. Et puis elle était bien, là, sous la surveillance bienveillante de la lune, même si son corps était gelé. Elle n’y prêtait pas vraiment attention. Les yeux dans le vague, fixés droit devant elle, elle marchait, encore, encore, perdue dans ses pensées en italien. Il n’y avait que la nuit où elle s’autorisait à penser dans sa langue natale. En France depuis quatre ans seulement, elle avait rapidement appris la langue que toutes les colombes devaient connaître, mais elle avait toujours cet accent chantant venu de Méditerranée, et elle avait beaucoup de mal à ne pas rouler les R, mais elle faisait des progrès depuis quelques temps. Le jour, par respect pour ses maîtresses qui lui avaient appris leur langue, elle s’efforçait de la parler le mieux possible mais surtout – c’était le plus difficile – de formuler ses pensées dans sa langue d’adoption. La nuit, cependant, elle s’accordait une trêve. Dans sa tête, ses réflexions se bousculaient dans la langue aux couleurs de l’Italie. Une valse de souvenirs venus tout droit de Toscane, parfumés à l’olive et au soleil des étés passés sur le port. Quand elle était arrivée ici, tout l’avait étonnée. Elle qui avait toujours vécu au bord de la mer, cet Océan majestueux au goût salé, elle n’avait plus vu d’embruns depuis bien longtemps. La seule eau qu’elle pouvait encore observer était celle qui suintait des murs et celle qui se trouvait dans son gobelet d’étain, au réfectoire. Rien à voir avec le bleu infini de l’Océan, l’impétuosité des vagues, le changement des marées. Non, vraiment, aucun rapport. Par contre, le vent, lui, était le même. Ce vent, dont elle entendait la complainte au bout du couloir. Ce vent qui rentrait par toutes les fenêtres, toutes les portes de la Maison. Pour Savy, c’était la seule chose qui lui restait de son ancienne vie. Il était rassurant, protecteur, complice même. A propos de vent… Une porte claquait, à l’autre bout du vestibule. La Jaune s’y dirigea à pas de loup afin de la refermer convenablement avant qu’elle ne réveille quelqu’un. Si une maîtresse arrivait et qu’elle n’était pas dans son lit, elle aurait quelques problèmes à s’expliquer. Elle touchait à peine la poignée lorsqu’elle vit une ombre, dehors, qui attira sa pupille. Ce qu’elle vit la subjugua. Une jeune fille, d’à peu près son âge, figée, semblait regarder le ciel. Sa peau était pâle, presque bleue. Le vent la décoiffait, malmenait sa chemise de nuit qui volait en tous sens. Un rayon de lune éclairait son visage frigorifié. Saverina la reconnut rapidement. Dans la nuit, elle lui parut fantomatique, éthérée. Elle fit un pas dehors, s’aventurant dans la nuit noire. Le vent eut tôt fait d’emmêler sa chevelure blonde, mais elle n’y fit pas attention. Pas plus qu’à sa chemise de coton blanc et de dentelle fine dont les volants remontaient sur ses genoux. Peu lui importait qu’on les découvre là, toutes les deux, dans la nuit, dans le vent, alors qu’elles auraient dû être dans leurs dortoirs. La nuit, le vent, la lune, les étoiles. Autant de choses qui n’avaient pas changé depuis sa naissance, et qui ne changeraient jamais. La nature est éternelle. Elle a toujours existé, elle existera toujours. Les larmes vinrent aux yeux de Savy. Elle ne savait plus très bien si c’était à cause du froid, du vent, du chagrin. Peut-être était-ce tout à la fois. Peut-être n’était-ce rien de cela. Elle s’en moquait. Elle aurait voulu s’envoler, là, maintenant, ballotée par le vent comme une feuille morte. Comme un oiseau. Comme une colombe.

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Elisabeth du Bois Vermeil

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MessageSujet: Re: La nuit. Sombre comme ses pensées, froide comme son coeur. [PV]   Jeu 8 Déc 2011 - 21:58

Eli regardait la lune sans la voir vraiment. Elle sentait son rayon pale sans le ressentir réellement. Elle était coupée du monde qui l'entourait, ses sens ne fonctionnaient plus. Elle entendait le silence alentour, sentait l'humidité de la nuit, la pluie qui allait arriver bientôt, mais ne les percevait pas. Elle était debout, dans le jardin de la Maison Royale. Les mains le long de son corps pour retenir au moins un peu la chemisette qui volait, rebelle, autour d'elle. La tête haute, les cheveux au vent et les yeux dans le vague, fière et absente en même temps. Le vent jouait avec tout ce qu'il trouvait et qui se laissait faire. Même Eli tanguait, bien qu'imperceptiblement. Mais elle se sentait comme emportée par des flots, des flots de la mer qu'elle n'avait jamais connue. Elle ne connaissait à vrai dire que la forêt, la mine et l'auberge. Elle n'avait jamais vu la mer, ni les champs de fleurs, ni la civilisation réelle. Elle se sentait souvent seule et abandonnée, mais ne rêvait pas vraiment d'autre chose. Elle se suffisait très bien et n'avait besoin de rien ni de personne. Elle n'aimait pas, d'ailleurs, l'idée d'être dépendante de quelque chose. Certains étaient dépendants de l'argent qu'ils possédaient ou pas, d'autres de coiffures, de robes, de bals, de conversations... Elle ne demandait rien d'autre que ce rayon de lune qui l'illuminait, et ce vent qui jouait avec elle.

Son oreille capta alors quelque chose qui n'appartenait pas à la nuit calme dans laquelle elle se trouvait. C'était un bruit sec qui se répétait et qui résonnait à l'intérieur de la Maison. Elle fut tentée d'aller le faire cesser avant de revenir à nouveau à ses contemplations qu'elle voulait calmes et non dérangées. Mais elle se ravisa de faire un pas, n'entendant plus rien. Alors, elle se concentra à nouveau sur sa lune. Si belle, si majestueuse, si libre dans le ciel noir, seulement accompagnée de ses étoiles. Elle rêvait être à sa place, comme chaque fois qu'elle sortait pour la contempler. Elle rêvait de pouvoir faire ce qu'elle voulait, de grandir et diminuer comme elle le voulait, sans que les gens autour ne réagissent, muets et lointains comme ces étoiles argentées. Elle rêvait de pouvoir voyager dans le monde comme elle voyageait dans le ciel, libre et forte. Elle pouvait trouver des similitudes entre elles, tout de même. La lune n'était libre que la nuit, tout comme Eli l'était. Elle sortait et faisait ce qu'elle voulait, sans craindre le regard des autres par rapport à son attitude et à sa tenue. La journée, elle ne le craignait pas non plus, mais elle n'avait pas besoin d'entendre leurs remarques qu'elle savait incessantes, leurs critiques, leurs leçons de morale. Elle ne voulait pas risquer l'exclusion, même si en soi, elle n'avait pas peur de la solitude. Elle n'aimait pas s'avouer qu'elle avait peur de quelque chose, et était fière de ne pas devoir le faire, puisqu'elle ne pouvait pas vraiment trouver quelque chose ou quelqu'un dont elle aurait peur. Son père la terrifiait, jadis. Elle le fuyait et se soumettait à lui en même temps. Mais maintenant, non.

Elle avait peur de la mort, jadis, elle avait peur de la souffrance. Puis elle s'y était faite, et mourir ne lui apparaissait plus comme une chute dans un précipice, mais plutôt comme une libération. Elle ne souhaitait pas mourir, mais savait qu'elle s'éteindrait un jour, comme la lune s'éteignait chaque mois, pour ensuite renaître, nouvelle. Elle n'avait peur de rien, maintenant, elle en était sûre. Elle avait juste envie d'éviter des choses évitables, et atteindre son but. Son but, le seul motif qui l'avait amenée à adhérer cette Maison. Cette envie de vengeance, tellement non-chrétienne. Ce si grand péché, dont elle avait conscience, ce qui l'agrandissait encore. Mais elle ne croyait pas à tous ces propos de moines. Elle ne croyait plus à rien de concret, désormais. Elle voyait la lune, et l'enviait. Elle voyait les étoiles et les admirait. Elle voyait le vent et l'appréciait. Elle croyait ce qu'elle voyait, et elle avait certaines persuasions et certaines sûretés dans l'âme, mais elles ne correspondaient à aucune croyance de ce monde. Elle ne cherchait pas à finir exclue mais était consciente que c'était bien comme elle finirait un jour.

Eli sentait, en général, quand elle n'était pas seule. Elle arrivait plutôt bien à décerner une présence, même dans la nuit, à percevoir un regard dans son dos, même parmi une foule de gens. Elle savait que quelqu'un l'avait rejoint dans le jardin et s'était arrêté à quelque pas de là où elle-même se trouvait. Elle était debout, comme Eli, les cheveux dans le vent et sûrement aussi en chemise de nuit, quoique longue, contrairement à celle d'Eli qui lui arrivait au dessus des genoux. Elle le perçut furtivement seulement, ne retirant pas son attention de la lune qui le valait bien plus. Elle pouvait pourtant affirmer que c'était une colombe qui se trouvait à ses côtés. Une maîtresse l'aurait entrainée bien vite à sa suite pour rentrer dans la Maison et ensuite passer un bien mauvais quart d'heure. Elle continuait à contempler sa lune, mais une question lui trottait tout de même dans la tête : que voulait-elle ?

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MessageSujet: Re: La nuit. Sombre comme ses pensées, froide comme son coeur. [PV]   Mer 14 Déc 2011 - 18:25

Les étoiles. Ces points brillants du ciel qui semblaient, en ce moment, bousculés par le vent. Vent d’ouest, annonciateur de beau temps. Mais il peut faire froid et beau. Les étoiles, justement, le montraient bien. L’air était glacé, mais s’il y avait eu des nuages, elles n’auraient pas été visibles. Saverina savait tout cela depuis son plus jeune âge. Elle n’avait jamais su lire ou écrire, mais les marées, les vents, la position des étoiles, tout cela lui était familier. D’ailleurs… La lune, croissant fin et majestueux, ainsi que l’horloge, dans le vestibule, qui venait d’annoncer trois heures, lui donnaient des renseignements sur la marée actuelle au port le plus proche. Basse. Bien que cela ne lui servait à rien de le savoir, enfermée à des kilomètres de la mer. Ces calculs qui paraissaient compliqués à d’autres lui rappelaient vaguement les étés sur le port, avec ses amies, quand elles s’entraînaient à déterminer les coefficients des marées. Souvenirs qui lui faisaient l’effet de bouffées d’air marin. Saverina avait remarqué que les souvenirs occupaient une place capitale dans la vie des colombes. Evidemment. Puisqu’elles n’avaient plus rien pour rêver à l’avenir, elles rêvaient à leur passé. Savy, elle, préférait s’évader rien qu’en songeant au présent. A ces instants qui passaient sous ses yeux sans pouvoir rien y changer et qui, la seconde d’après, appartenaient au passé. A ce vent qui faisait tourbillonner les feuilles des arbres dans le parc désert et noir. Désert, si on ne comptait pas ces deux corps. Minces, maigres, comme figés, visages tournés vers l’immensité de ce ciel d’encre. Différents mais similaires à la fois. Souvent, depuis qu’elle avait quitté l’Italie, Saverina s’était comparée à une carte à jouer. Qu’on appelle « reine », mais qui n’est finalement qu’un instrument avec lequel on s’amuse. Tout le monde est la carte à jouer de quelqu’un. Certains sont des valets, d’autres des rois, mais au final cela revient au même. On croit être respecté, et finalement on est manipulé. Le monde en lui-même est comme ça. Les Hommes en parlent avec le plus grand respect, mais l’utilisent pour tout ce dont ils ont besoin. L’Homme passe sa vie à manipuler et à être manipulé. Et un jour, sur son lit de mort, il se souvient de ce mendiant qui lui a tendu la main et à qui il a jeté une pauvre pièce, rien que pour donner l’illusion de sa bonté. Et alors, il peut mourir, heureux, car il se sera souvenu de la seule bonne action de sa vie. Seuls les enfants sont des mendiants. Les adultes, eux, sont des mourants. Sauf ceux qui savent garder leur esprit d’enfant toute leur vie. Comme Savy. Elle n’était plus un enfant, elle n’était pas encore un adulte. Mais à ce moment, alors qu’elle était en train d’y penser, elle se promettait de toutes ses forces de ne jamais, jamais manipuler personne. Pas pour gagner son Paradis, non. Elle ne croyait pas spécialement en Dieu. Depuis toute petite, la messe et la prière l’ennuyaient. Mais seulement pour ne pas faire souffrir quelqu’un comme on l’avait fait souffrir, elle, en l’obligeant à tout quitter. Saverina sentait confusément que la jeune fille à côté d’elle ne regrettait pas son passé. Non, elle le fuyait plutôt. Alors que la jeune d’Esposito, elle, aurait tout fait pour le retrouver. Deux mentalités diamétralement opposées, mais qui étaient faites pour se comprendre, c’était sûr. Comment elle le sentait, elle n’en savait strictement rien. Et elle s’en souciait peu. A ce moment, rien ne comptait plus que le vent, la nature, la forêt toute proche. Derrière elle, la grande bâtisse de pierre semblait avoir disparu. Il ne restait plus que deux filles et leurs souvenirs qui envahissaient chaque parcelle de vie, chaque étoile du ciel d’encre, chaque rafale de vent glacé. Savy se mit à chanter à voix basse, le regard perdu, sans se soucier du moment, du lieu où elle se trouvait. Elle ne se souciait plus de rien. Rien que de cette comptine qui avait bercé son enfance.

"- Il vento, il mare ruggisce, e mi ricordo di quelle estati felici. Di quelle estati in cui nulla ci ha toccati. Di quelle estati che sono finiti..."

Le vent souffle, la mer mugit, et je me souviens de ces étés heureux. De ces étés où rien ne nous touchait. De ces étés qui sont finis.
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MessageSujet: Re: La nuit. Sombre comme ses pensées, froide comme son coeur. [PV]   Mer 21 Déc 2011 - 22:18

Un doux chant atteignit les oreilles d'Eli, porté par le vent. Une voix mélodieuse, douce, timbrée de regrets et de souvenirs.

- Il vento, il mare ruggisce, e mi ricordo di quelle estati felici. Di quelle estati in cui nulla ci ha toccati. Di quelle estati che sono finiti...

Eli ne comprenait pas ce que la fille à ses côtés venait de dire, mais elle sentait ses souvenirs nostalgiques. Elle sentait qu'elle regrettait d'être enfermée dans cette maison d'éducation, mais pas de la même manière qu'Eli le regrettait. Non, sa voisine ne voulait pas en sortir, elle souhaitait seulement ne jamais y être rentrée. Elle regrettait d'être obligée de rester cloitrée ici, elle regrettait d'avoir du quitter son pays natal tant aimé. Elle se souvenait des bons moments qu'elle avait passés avec sa famille dans leur maison, ou dans les proches alentours. Elle avait ri avec eux, et partagé des secrets. Elle avait joué avec ses amis, s'était disputée et réconciliée sans arrêt avec eux. Tout ça lui manquait, maintenant, alors qu'elle était enfermée dans la Maison Royale. Ennuyante, repressive. Elle vous interdisait tout sentiment, toute émotion. Elle empêchait les rires d'éclater dans ses couloirs, les cris de résonner dans les jardins. Eli trouvait ça anormal, mais ne le prenait pas comme sa voisine. Elle savait que les Colombes, surtout les plus jeunes d'entre elles, voulaient s'amuser, et que c'était normal qu'elles le veuillent. Mais elle-même ne cherchait pas la joie ni la rigolade, elle ne cherchait pas la compagnie de qui que ce soit. Même cette voisine qui chantonnait à ses côtés, Eli n'en avait pas besoin vraiment. Pourtant, elle sentait qu'elles pourraient s'entendre. Car cette même révolte était en elles, cette même envie de hurler menaçait de sortir de leur gorge, mais c'était par ce même masque de résignation qu'elles essayaient de le cacher.

Eli se demandait ce qu'elle faisait là, sa voisine. Elle n'avait jamais croisé personne, pendant ses nombreuses sorties nocturnes, et pensait avoir raison de croire qu'elle était la seule à ne pas trouver le sommeil, à ne pas vouloir trouver le sommeil. Mais apparemment, non. Combien de fois sa voisine était elle sortie de son lit ? Venait-elle souvent dans le jardin ? Peut être ne s'étaient-elles juste jamais remarquées ? Ou peut être venait-elle à un autre moment de la nuit ? Ou tout simplement peut être ne venait-elle pas dans le jardin, comme Eli, mais se promenait autre-part. Toujours est-il qu'elle commençait à l'intriguer. Eli, bien qu'elle fasse par son expression souvent penser le contraire, était de nature curieuse et aimait bien savoir, et découvrir ce qu'elle ne savait pas. Avec le temps, il y en avait de moins en moins, des choses qu'elle ne savait pas. Elle avait appris la vie, elle apprenait désormais les manières, et ne se posait plus les questions faciles qui la préoccupaient jadis. Mais à leur place, d'autres venaient, des questions qui demeuraient sans réponses, des questions auxquelles Eli ne savait ni ne pouvait se répondre. Ce n'était pas de son pouvoir, tout simplement, de se procurer les réponses qu'elle cherchait désormais. Ce n'était pas à elle que cela revenait. Elle en avait marre, de ces questions qui venaient, qui la suivaient, et qu'elle n'arrivait pas à semer. Elle la collaient partout, sauf maintenant, devant cette lune qui semblait tout savoir et le prendre à la légère, cette lune si sage. Si seulement Eli pouvait hériter d'un peu de sa sagesse. Cela lui fairait que tu bien, et aux autres autour d'elle aussi, après tout.

En ce moment, il y avait autour d'Eli que cette mystérieuse Colombe dont elle ne savait pas l'identité. Et elle aurait bien voulu la savoir. Non que cela puisse changer grand chose, mais par pure curiosité, histoire de savoir qui lui tenait compagnie. Cela était toujours mieux, pour elle, de savoir qui la regardait, qui s'adressait à elle. Quesiton de confiance, question de confort, aussi. Et puis, elle ne comptait pas cacher qui elle était, elle, donc elle ne voyait pas ce qui pourrait empêcher l'autre de faire pareil. Elle ne semblait pas hostile, non, mais peut-être était-ce justement pour ça qu'Eli voulait savoir. En fait, elle réalisait que cela lui fairait plaisir que d'avoir une connaissance, parmi la centaine de Colombes qu'elles étaient, dans la Maison Royale. Pas vraiment amies, Eli ne connaissait pas l'utilité réelle de ce type de relation. Mais du moins quelqu'un avec lequel elle pourrait parler de temps en temps, si envie il y avait ou si besoin était. Cela ne pouvait pas lui faire du mal. Elle ne voulait pas se lier trop à elle, mais un minimum serait sympathique. Alors, elle se lança.

- Bonsoir.

Fit-elle alors, d'une voix plus basse encore que celle du chant étranger. Mais il avait beau l'être, la colombe devait bien savoir parler français, au moins un peu, sans quoi elle n'aurait pas été acceptée dans l'école. Alors, pas de raison de ne pas donner de réponse, n'est ce pas ?

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MessageSujet: Re: La nuit. Sombre comme ses pensées, froide comme son coeur. [PV]   Mer 25 Jan 2012 - 22:15

[Désolée pour la qualité médiocre et la brièveté du RP, et surtout pour le retard ><]

Une voix s’éleva dans l’air, brisant le silence, déchirant la nuit. Une voix claire, assurée, empreinte de souvenirs.

« - Bonsoir. »

Un mot, un seul. Mais parfois, il suffit d’un mot pour en engendrer tant d’autres. « Bonsoir. » C’est un de ces mots que l’on dit à n’importe qui, sans vraiment y réfléchir. Un mot de politesse. Un mot qui peut être froid ou chaleureux, mais qui reste toujours le même. Le genre de mots qui peuvent composer des phrases à eux seuls, mais qui finalement n’ont parfois pas tellement de sens. Le vent l’avait porté, soulevé jusqu’à Saverina, mais il aurait pu glisser à l’autre bout du parc, et c’aurait été comme s’il n’avait jamais existé. Voilà comment des destins peuvent tenir à des choses dérisoires.

« - Bonsoir… Il me semble que je ne suis pas seule à mal dormir la nuit. »

Voilà la seule phrase qui était venue à l’esprit de la jeune Jaune. Puis, se rendant compte qu’elle n’avait pas décliné son identité, elle reprit :

« - Saverina d’Esposito. Je suis de la classe Jaune. Et… Et vous ? »

Elle n’avait pas bégayé parce qu’elle était timide, non. Elle avait seulement froid, très froid, et elle avait claqué des dents sur la fin de sa phrase. Instantanément, elle maudit sa mâchoire de l’avoir fait passer pour une pauvre fille timide qui tremblait à l’idée seule de parler à autrui. Ridicule. Pathétique, pitoyable, lamentable. Ces jouvencelles qui se donnent l’air de parfaites Colombes à l’image de l’oiseau par lequel on les désignait n’étaient finalement que des oies colporteuses de ragots, toujours à l’affut d’une proie sur laquelle se jeter. Pourquoi ? Etait-ce seulement pour combler le vide de leurs petites existences méprisables ? Peut-être. Ou peut-être pas. Comment savoir ?
Enfin, Saverina posa son regard sur l’autre fille. Elle n’était pas plus jolie que ça, non. Ou si, en fait. Mais pas cette beauté empesée et crée uniquement par des bijoux et des fards, non. Pas cette beauté trop fréquente, dont on se lasse à force de la voir partout. Une beauté particulière. Sans contestation possible. Malgré la nuit environnante, la jeune fille le voyait bien. Cette fille était étrange. Un passé, un futur. Mais pas de présent. On aurait dit… Que les deux extrémités de sa vie n’étaient reliées que par un fil transparent, rien qu’une trace grise et terne. Et encore. C’était visible. Cela émanait de la jeune fille en face, comme un appel au secours mêlé à un refus de communication, un refus d’aide. Appel et refus. Peut-être des idées contradictoires, mais peut-être pas tant que ça.
Oui, depuis toute petite, Savy avait appris à lire dans les autres, dans leurs yeux, leurs attitudes. On pouvait en penser ce que l’on voulait, cela n’avait rien à voir avec de la magie. Elle savait simplement décoder le moindre geste, le moindre regard, même avec les gens les plus indifférents. Oui, que l’on en pense ce que l’on veut. Magie ou pas, elle continuerait. Pas seulement pour traquer les gens comme des proies. Pourquoi faire cela ? Non, elle continuerait, simplement pour apprendre à mieux comprendre le peu de personnes intéressantes qui l’entouraient.
Comme cette fille, en face d’elle.
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MessageSujet: Re: La nuit. Sombre comme ses pensées, froide comme son coeur. [PV]   Sam 28 Jan 2012 - 22:06

- Bonsoir… Il me semble que je ne suis pas seule à mal dormir la nuit.

La réponse de la jaune n'était pas originale ni banale. Elle lui avait rendu sa politesse et avait rajouté une petite réflexion personnelle, pour engager la conversation plus loin encore. Non, elle n'était pas seule à mal dormir. Lorsqu'elle sombrait dans le sommeil, Eli était assaillie par les mauvais rêves, les cauchemarres les plus noirs. Et c'était alors, dans son sommeil seulement, qu'elle ressentait de la peur véritablement. La seule manière de l'effrayer aujourd'hui était de la faire dormir. Mais dormir est indispensable et bien qu'elle passe la majorité de ses nuits éveillée, aussi bien par surplus d'énergie que par crainte de succomber à un énième cauchemarre pire encore que le précédent, il se trouvait toujours des soirs où elle s'endormait, finalement, sur son lit, allongée sur la fine couverture car ne s'attendant pas à s'en servir. Mais le sommeil semblait être plus défaitiste qu'autre chose, elle n'en sortait pas reposée mais couverte de sueurs, et ce à quatre heures du matin au plus tard, avant même que le soleil ne soit levé. Alors, elle devait silencieusement aller dans la salle de toilette afin de se passer de l'eau au visage dans un premier temps, puis frotter son corps entier avec un drap.

- En effet, vous avez bien raison.

Elle n'allait pas s'étendre sur ses expériences personnelles, tout comme elle ne demanderait pas à la Colombe devant elle de lui expliquer les siennes. Si elle voulait, elle lui dirait, et alors Eli l'écouterait avec intérêt, elle devait se l'avouer. Mais elle n'allait pas la forcer à parler, de quoi que ce soit d'ailleurs. Leur rencontre n'était peut être pas due au hasard, il lui semblait que c'était la lune qui les avait réunies là, sous son regard sage et majestueux, pendant la nuit, afin qu'elles se rencontrent et se reconnaissent, mais elle doutait en vérité que cela puisse finir autrement que par une séparation insensible et sans regrets. C'était toujours comme ça, d'ailleurs. Eli n'avait jamais fait que se séparer de gens sans regrets et sans aucun autre sentiment, d'ailleurs. A part pour son père, mais ça, c'était une autre histoire. Une longue histoire. L'histoire de sa vie. Et elle n'était pas encore finie.

- Saverina d’Esposito. Je suis de la classe Jaune. Et… Et vous ?

- Elisabeth. Je suis dans votre classe, donc.

Elle n'avait pas bégayé, elle, en lui répondant. Elle s'était présentée en retour d'une voix pure et sans faille, faible mais intelligible, comme une ligne droite. Elle avait été surprise par l'hésitation de Saverina, elle qui venait de chanter, d'une voix si linéaire elle aussi, et expressive. Non, ce n'était ni défaut de langue, ni manque d'assurance. Eli la voyait frissonner dans le vent, presque nue, vêtue seulement de sa chemisette. Après tout, Eli aussi n'avait rien d'autre que sa petite chemise de nuit, mais elle n'avait pas froid. Il faut dire qu'elle était habituée aux dures conditions météorologique, tandis que son interlocutrice avait l'air de venir de régions bien plus chaudes. Son langage rappelait les accents du Sud, ce n'était même pas du français, mais une langue parlée par les habitants d'un tout autre pays.

Elle la fixait avec ses yeux foncés et inquisiteurs, elles faisaient toutes deux à peu près la même taille, plus grandes que la majorité des jeunes filles et même que certains hommes. Saverina avait comme Eli un port de tête gracieux, altier, et un dos très droit. Il y avait quelque chose de royal dans sa tenue. Mais c'étaient ses yeux les plus pénétrants, elle semblait l'inspecter, vouloir découvrir en elle quelque chose, vouloir la connaître et la caser quelque part, derrière un mot qui la caractériserait. Eli vit dans son regard qu'elle avait compris quelque chose, qu'elle avait réussi à atteindre un but. Mais elle ne savait rien. Et elle ne saurait rien. Elle pourrait essayer, elle n'obtiendrait rien d'Eli. Ou peut être si, mais de sa propre volonté, et non par volonté de satisfaire ses demandes.

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Elisabeth du Bois Vermeil

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MessageSujet: Re: La nuit. Sombre comme ses pensées, froide comme son coeur. [PV]   Mer 4 Juil 2012 - 18:10

RP toujours d'actu ? (a) je me sens bête à demander ça dans mon propre sujet XD Sav', on fait quoi ? On finit, ou on envoie aux archives ?

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La nuit. Sombre comme ses pensées, froide comme son coeur. [PV]

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