Maison Royale de Saint Louis (Saint-Cyr)

Forum RPG au temps de Louis XVI, dans la Maison Royale de Saint Cyr à la veille de la Révolution Française.
 
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Scrounch ! "Mangez des taupes !" Souvenirs... <3 (by Hed)

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 Walk You In Gardens... [Juliette]

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MessageSujet: Walk You In Gardens... [Juliette]   Dim 2 Oct 2011 - 18:10



Nous voilà donc à Saint Cyr. Grande bâtisse au mur gris, qui recueille les jeunes filles dont les parents sont pour la plupart déshérités. Cette Maison les sauve de la misère, du froid, de la faim et de toutes ces choses que la vie nous impose et qu’elle nous oblige à combattre. Oui, on peut dire qu’ici, c’est ce qui est de mieux pour ces pauvres filles. Mais si ces filles viennent ici sous la contrainte, arrachées à leur famille. Famille que ces pauvres demoiselles aiment ? Cette école est-elle vraiment si bien ? Et si les pauvres jeunes filles, alors qu’elles peuvent bien manger et bien dormir, pensent sans cesse à leurs parents, à leurs frères et sœurs qui eux sont peut-être en train de mourir dans les ruines de leur maison à cause du froid ou de la faim? Est-ce que vraiment Saint Cyr est pour elles un refuge ou juste une prison qui les éloignent de leurs proches, de leur maison, de leur liberté. De leur vie.

Diligence réfléchissait à tous cela en marchant dans les allées du jardin de la Maison Royale d'Education de Saint Cyr. C'était son nom. Complet. Elle venait d'arriver, il y a deux jours, dans ce grand bâtiment, on devrait dire immense, au mur glacé, gris et qui donnait plus l'impression d'entrée dans un couvent ou une prison pour filles plutôt que dans un refuge qui aidait les pauvres demoiselles désargentées. Il n'y avait que les jardins, qui offraient de la couleur. Un peu de joie dans ce triste univers. Quelques fleurs, des couleurs vivent, des bosquets touffus. Voici les seuls petites choses que Diligence pouvait regarder sans être dégoutée et sans regretter sa famille. C'était assez étrange. Regretter une famille qui pour vous n’a jamais été bonne est un sentiment pour le moins incongru. Mais ici, entourée de pleins de jeunes filles, dans cet endroit encore inconnu, elle étouffait. Elle avait envie de crier, de se révolter. Dès qu'une Jaune, car Diligence était dans la classe des Jaunes. Elle l’avait appris le jour de son arrivé ici. Les classes étaient en fait divisées en quatre : les Rouges, les Vertes, les Jaunes et les Bleus. Après on pouvait passer en Noir et aider les maîtresses. Bref, dès qu’une jeune fille s’approchait d'elle pour faire connaissance, Diligence avait envie de la pousser, de la pousser jusqu'à ce qu'elle tombe et qu'elle se fasse horriblement mal. Mais comme une pauvre petite soumise, ce qu'elle était la plupart du temps, elle restait là, sans rien faire, bougeant à peine, se contentant d'émettre un faible grognement. A ce rythme-là, tout le monde va croire qu'elle est muette! Mais non, Diligence n'est juste pas très sociable. Que voulez-vous.

C’est donc ici, que maintenant Diligence vivra. Dans un endroit fermé, étouffant avec un quotidien déplorable et énervant au plus haut point. Pas que Diligence soit une fille du genre à courir dans la plaine et grimper dans les arbres, non. Mais avoir un minimum de liberté, d’intimité cela la détendait, la réconfortait et cela la rendait au moins un tout petit peu plus agréable envers ses camarades. Mais comme ici cela n’existait pas, Diligence se renfermait de plus en plus chaque jour. Elle n’aimait pas ça, mais elle n’arrivait pas à se contrôler, à se dire qu’il faut aller voir les autres, leur parler, de tout et de rien. Se nouer avec des jeunes filles de son âge. On, c’était pour elle impossible. Mais le pire pour elle, c’était de ne pas avoir pourquoi. Heureusement, il y a les heures de cours. Pour la plupart, c’est barbant, énervant, exaspérant. Pour Diligence, c’est un échappatoire. Son esprit s’envole, s’échappe quand ce que l’on raconte ne l’intéresse pas, mais la plupart du temps, ce que lui apprend la passionne. En plus, pendant ces heures d’apprentissage, aucune discussion ni aucun bavardage n’est admis. Cela la rassure encore plus.

Diligence était vraiment perdue dans ses pensées. Elle n’arrivait pas à se concentrée sur autre chose qu’à sa nouvelle vie ici. Ca la déprimait vraiment. Rien n’arrivait à la faire changer de sujet, même éviter les autres Colombes qui lui souriaient. D’habitude un sourire c’est réconfortant et chaleureux. Gentil, aimable, au moins agréable. Pour Diligence, c’était plus dangereux et glaçant. Tout geste d’amitié était pour elle un acte mauvais.

Elle s’assit sur un banc, la tête baissée et les mains repliées en croix devant elle. C’était son position de défense, pour se protéger des autres jeunes filles qui pourraient avoir envie de venir s’installer auprès d’elle sur le banc. Seulement cela est-il vraiment efficace ?

Spoiler:
 


Dernière édition par Diligence A. Monellis le Ven 14 Oct 2011 - 20:20, édité 1 fois
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Juliette de Rousseau

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MessageSujet: Re: Walk You In Gardens... [Juliette]   Sam 8 Oct 2011 - 19:34



Un frisson courut le long de l'échine de Juliette, un instant. Ses mains étaient glacées, puis levant les yeux au ciel remarqua l'énorme masse cotonneuse telle une vapeur de charbon au-dessus d'elle. Une petite goutte cristalline venait de se fracasser sur son nez gelé par la vague froid qui était tombée d'un coup sur la France. Son regard noisette balayait le paysage qui s'étalait devant elle, lugubre, ténébreux presque sinistre. Les seules couleurs qui réhaussaient cette image en noir et blanc étaient les feuillages irisés qui peu à peu, perdaient leur belle couleur flamboyante avant de tomber en multiple sanglots sur la terre ferme, signe que c'était leur dernier soupir et murmure au gré du vent. Une légèrme brume blanche flottait de part et d'autre de Saint-Cyr, souple elle se promenait en caressant les âmes présentes. Juliette sentait comme un souffle glacé entourer son cou, écartant sa chevelure châtain pour le laisser passer, hérissant sa peau tandis qu'il susurrait légèrement « Tic Tac ». Une brise mordante lui cingla les joues, comme pour marquer les secondes qui passaient si rapidement, effaçant le passé. Mais non, ce qu'il voulait vraiment effacer, c'était l'été qui venait de passer. S'envolait cette saison ensoleillée comme le cri des oiseaux volant vers l'horizon dans les lueurs sanglantes du crépuscule, comme la poursuite de cette petite part de nous-même que nous avions perdu dans les longs rêves de sommeils agités. Du bout des doigts on l'effleurait, du bout des doigts on la tenait, du bout des doigts elle nous échappait. Le sang battait aux tempes trempés de la jeune fille, une fine pellicule de sueur collant ses cheveux sur son front. Toutes les nuits ses pensées étaient dirigées vers cette silhouette qu'elle n'atteindrait jamais, pas par crainte d'être piégée par la suite, oh non, mais parce qu'elle n'en avait jamais eu l'occasion. C'est ce qu'elle se disait depuis ses sept ans, qu'un jour, un jour l'occasion se présentera et qu'elle en profiterait, qu'elle savourerait ce désir assouvi comme une eau-de-vie qui brûle la gorge. Juliette feint un sourire en repensant à ces paroles innocentes, mais comme l'été, l'innocence ne pouvait durer éternellement. Et puis, dix années s'étaient écoulées si rapidement depuis cette époque, si rapidement avait fuit l'été... Si vite, trop vite. Il y a quelques jours, le vent transportait les parfums des fleurs comme le début du printemps, les songes des nuits de ces saisons terminés, le réveil débute lorsque septembre prend fin.

Une cloche sonnait à l'horizon, un bruit bien lointain, comme en début d'avril. L'orage s'annonçait dans peu de temps, pour l'instant en tombait qu'un fin rideau de pluie. Les gouttes brillaients comme des étoiles filantes tombant du ciel. En effet, les seaux d'eau reprenaient leur mécanisme d'automne, baignés du chagrin des nuages, arrachant des larmes aux beaux feuillages de rouge et d'or. Le sang versé allait enfin disparaître, lavé par la pluie pour rappeler qu'il était temps d'oublier les mauvais souvenirs... Juliette esquissa une rotation vers l'arrière, comme pour regarder les mémoires disparus, même si... Les plus douloureuses persistaient toujours à rester profondément gravés. On n'oubliera jamais les pleurs d'hiver, mais on ne retiendra jamais les rires d'été. On se souviendra des feuilles mortes qui surplombaient les plaines venteuses, mais pas des beaux feuillages verts brillants. Mais Juliette n'était pas du genre à se fondre dans la poésie, juste que la confusion lui brouillait l'esprit comme la pluie sa vue. La jeune fille porta rapidement une main à son front blafard, la retirant prestement par le contact brûlant de sa chaire. Depuis ce matin elle ne cessait de grelotter, mais sa peau était extrêmement chaude, couverte de sueur et diaphane. Fermant les yeux, elle ne sentait plus que ses tempes douloureuses où frappait son sang bouillant, y collant de nouveau ses mains glacées qui lui faisaient tant de bien, comme cette légère petite brise rafraîchissantes pendant les canicules. Juliette fit glisser le bout de ses doigts le long de sa joue, essuyant la sueur et les cheveux qui commençaient à lui tomber dans les yeux, faisant abstraction des colombes qui l'entouraient. Comme un pantin articulé, elle avançait vers le banc le plus proche en souriant légèrement, résistant à la terrible envie d'assouvir son désir à cet instant, laissant le temps passer jusqu'à que l'occasion se présente, peut-être un jour. Un jour, lorsque septembre prendra fin.

Pourquoi s'être installée sur un banc où une fille gardait bêtement le tête dans ses bras ? Excellente question, elle-même non plus n'en avait pas la moindre idée, tout ce qu'elle voulait c'était rester tranquille. Sa vulnérabilité actuelle ne pouvait lui permettre de faire quoi que ce soit qui pouvait s'annoncer fatale pour elle. Un léger soupir s'échappa de ses lèvres, souffle brûlant s'envolant comme une vapeur tellement la différence de température était forte. Le rideau de pluie avait laissé place à des seaux plus conséquents, mais elle était protégée par un arbre dont le feuillage était encore intact, bien que les quelques gouttes qui lui tombaient dessus la firent frissonner. Sa tête tournait, elle grelottait avant d'éternuer violemment. Elle passa sa manche sur son visage pour en essuyer la sueur avant de poser son regard sur la Colombe d'à côté, repliée sur elle-même. La jeune Bleue n'était pas faite pour engager la conversation, aussi resta-t-elle ainsi comme un fantôme errant, assise ici plus par « obligation » que par envie. Triste vie.
Avant d'avaler une goulée d'air, pour la première fois depuis des années, Juliette toussa à s'en arracher les poumons.


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MessageSujet: Re: Walk You In Gardens... [Juliette]   Ven 14 Oct 2011 - 20:17

Diligence était dans son monde. Si monde de rêveries, de songes, d’oubli aussi. Un monde où tout était possible et ou tout pouvais changer, d’un moment à l’autre. Elle aimait s’y retrouver, comme si c’était un endroit véritable, comme une chambre, lorsqu’on se glisse paisiblement sous ses draps, que nos pieds et nos mains se réchauffent, que notre tête se pose doucement sur l’oreiller et que nos rêves les plus fous fusent de toutes parts. Las on se sent bien, on se laisse aller et on se dit que finalement, pas grand-chose n’a d’importance. Diligence était en somme dans son cocon, sa bulle, qui la protégeait. Qui la protégeait, de tout, de rien, de ses peurs, de ses cauchemars… Dans sa tête, cela faisait comme une barrière transparente contre laquelle tous les désagréments de la vie, comme les Colombes, les Maitresses ou toute autre personne susceptible de venir la voir ricochaient. Ils revenaient à chaque fois se cogner contre cette palissade dont ils ne pouvaient pas voir les murs. Ils se cognaient, revenaient et finalement partaient, abandonnaient. Diligence aimait quand ils partaient, quand ils la laissaient enfin tranquille, seule, dans son monde. Mais plutôt que de se cogner contre une palissade imaginaire et volatile, les autres rencontraient en réalité le caractère étrange, solitaire et incompréhensible de Diligence. Personne n’avait vraiment pu la comprendre, l’aider, la soutenir. Même pas elle. Son caractère, c’était comme une deuxième elle. La première, la Diligence timide et paisible, tranquille, calme. Peureuse certes, mais aimable avec les gens qu’elle connait et souriante dans ses moments de bonnes humeurs. L’autre Diligence, c’était le côté sombre. Comme une chambre encore. Il y a la chambre en plein jour, colorée, joyeuse, paisible qui donne envie de rester à ne rien faire dedans, et la chambre de nuit, c’elle qui fait froid dans le dos et ou nos pire cauchemars prenne vie. Diligence, c’est pareil. Son autre moitié est traîtresse, agressive, elle rejette les autres et accumule une haine immense contre elles, pour on ne sait pour qu’elles raisons.

Diligence rêvait, courrait et s’amusait dans son monde imaginaire. La vie tranquille quoi. Elle n’avait plus aucune notions du temps, ni de ce qui pouvait se passer à l’extérieur. Elle ne voyait pas les Colombes, comme si leur corps c’était transformer en matière invisible et feutrée. Elle n’avait plus froid et ne ressentait pas la douleur ses pauvres doigts de pieds congelés. Mais Diligence sentit tout de même une présence sur le banc. Une présence nocive. Pas dangereuse, mais énervante. Ce genre de présence, qui, malgré qu’elle ne vous gêne pas directement, arrive à vous rendre mal à l’aise. Diligence avait envie de crier et de la faire tomber du banc. Mais vue l’âge de la jeune fille à qui appartenait la silhouette, elle n’y arriverait sans doute pas. Et Diligence n’a pas le courage de tenter quoi que ce soit. Trop faible. Physiquement et mentalement. Comme d'habitude hélas. Diligence choisit alors de ne rien faire. Comme d'habitude également. Rien faire appart observer la jeune fille. La plus part des gens ne supporte pas de sentir un regard obstinément posé sur vous. Reste à savoir si cette Colombe est comme la plupart des personnes que Diligence à croisée. Oui, reste à voir.

La Colombe était une fille de la classe bleue, à en voir son ruban qui était de cette même couleur. Ce système semblait ridicule à Diligence, mais c’était tout de même pratique pour trouver l’âge de la demoiselle intruse. Dix-sept ans ou plus…C’était ce que sa Maîtresse lui avait dit lors de leur première rencontre. Les classes, les âges, les rubans, et out les autres systèmes de la Maison. Bon nombre d’informations étaient inintéressantes. Mais Diligence en avait retenus certaines, qui pourraient lui servir. Un jour…
Diligence commença donc à observer la Bleue. Diligence commençait toujours par regarder les lèvres. Elle ne savait pas pourquoi, mais les lèvres, c’était ce qui l’attirait le plus chez les autres. Chacun son truc après tout. Ses lèvres étaient fines, assez jolies est très rouges. Diligence aimait le rouge, elle aimait les lèvres. Elle aimait donc beaucoup les lèvres de cette gêneuse provisoire. Ensuite Diligence remonta jusqu’aux yeux. Ceux si étaient noir, profond. Ils avaient quelque chose qui inquiétait Diligence. Un truc particulier, étrange et captivant. Diligence n’aimait pas trop ces regards-là. Ca la déconcertait, c’était assez désagréable. Surtout pour elle. La fille semblait malade. Des perles de sueurs coulaient sur le haut de son front et elle semblait avoir de la fièvre. Diligence était forte pour reconnaitre les expressions du visage. Passons aux cheveux. De long cheveux, châtain, penchant sur le roux, sur lesquels des milliers de gouttelettes d’eau tombaient, roulaient, se fracassaient. De l’eau. Diligence releva la tête. Il pleuvait. Le ciel, non content de voir que tout le monde avait froid, nous punissait en faisant tomber des gouttelettes d’eau glacée. Elles tombaient vite, et s’écrasaient sur les Colombes qui se pressaient à rentrer dans les bâtiments. Elles s’écrasaient aussi, comme des pauvres victimes, sur les arbres, les fleurs, ou toute autre végétation présente dans le parc. Parc qui était recouvert de neige. Diligence n’avait même pas prêté attention à cela. Dans son monde, elle avait vraiment tout oublié, le temps, mais aussi l’espace. Le jardin était beau, recouvert de se maton blanc qu’était la neige. Pour Diligence, la neige a toujours été un manteau réchauffant, affectueux, qui protégeait les plantes en attendant le printemps. En réalité, la neige n’apporte pas que des bienfaits. Pour les plantes et pours les Colombes aussi. En effet, la Colombes bleue qui c’était, au plus grand malheur de Diligence, assise sur le banc, c’était mise à tousser. Tousser fort et bruyamment. Cette genre de toûs qui vous pétrifiait un instant. Diligence, elle, cette toue, elle ne la pétrifiait pas qu’un instant. Pendant une semaine, Diligence y repassait. Ce bruit, cette impression, cette sensation lui faisait penser à la mort. Ou du moins à la présence de la mort, qui rode, près d’elle. Pour la capturer et l’amener avec elle. Oui vraiment, Diligence détestait cela. La Bleue continuait de tousser. Comme si elle allait mourir, étouffer. Et Diligence, elle, restait là, les jambes repliés contre son corps, le visage à demi enfouie dans ses jambes, à grincer des dents, avec des petites larmes qui commençaient à couler. Diligence était toujours comme sa quand quelque chose qu’elle n’aimait pas lui faisait très peur. Toujours.

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Juliette de Rousseau

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MessageSujet: Re: Walk You In Gardens... [Juliette]   Mer 9 Nov 2011 - 22:39




Un souffle chaud s'enroulait autour du coup gracile de Juliette, comme on aurait pu s'emmitoufler dans une écharpe de soie, fin, léger et délicat contact qui épousait sa peau aux teintes blanches cadavériques. Elle le sentait autour d'elle, courir encore le long de son dos jusqu'à chatouiller sa taille, des doigts de pianistes aux ongles parfaitement manucurés, caressant son corps jusqu'à qu'elles sentent des fourmis dans ses jambes. La jeune fille retint un gémissement, c'était comme si d'un coup, comme ça, on la dénudait, jusqu'à que ces doigts qu'elle imaginait s'habillent de cristaux glacés, froid et piquant sur sa peau. Non, elle ne pouvait se permettre de laisser échapper ne serait-ce qu'un léger son, elle n'était pas dupe et savait très bien qu'on pouvait abuser de sa personne si jamais elle relâchait son attention à cause d'une idiote que l'on appelle couramment plutôt la vulnérabilité. Juliette s'était néanmoins permis de tousser comme elle ne l'avait jamais fait, ses poumons agonisaient, si elle continuait encore longtemps elle allait finir par les recracher. Sa gorge criait de douleur à chaque quinte en l'irritant tout simplement, la priant de stopper ce supplice en la faisant souffrir. Sa main brûlante vint se poser délicatement sur ses lèvres écarlates, comme on ferait signe à un enfant de se taire, aussi simplement, elle voulait que cela cesse. Au bout d'une dizaine de minutes, elle respira un moment tranquillement, sentant seulement les rougeurs de sa gorge la faire grimacer amèrement, sentant comme l'étourdissement qui nous envahit avant de sombrer dans les songes. Ses yeux se baissèrent légèrement sur sa poitrine pâle où luisait la sueur, ses fins sourcils noires soulignant davantage le mystérieux de ses yeux. Simplement histoire de vérifier que contrairement à ce qu'elle avait pu subir, aucun objet à la lame métallique n'avait entaillé sa chaire. Chaque goulée d'air devenait un réel supplice, son cœur par-dessus le marché battant la chamade après tant d'efforts. Un souffle chaud s'échappa de ses propres lèvres, comme un soupir, brûlant, si chaud qu'il était visible dans l'air gelé. Juliette releva légèrement la tête, rejetant sa chevelure trempée de pluie et de sueur qui collait à son front en arrière, appréciant la fraîcheur des pleurs sur son visage luisant en feu. Ses joues qui étaient blanches il y a un quart d'heure, s'était teintée d'une délicate couleur comme les pétales de rose. Juliette ferma les yeux, tentant de rassurer son cœur anarchique, ses pensées brouillées comme la pluie lui voilaient les yeux, dégustant malgré tout ces doigts glacés la manipulant qui la faisait trembler comme une feuille au gré du vent.

Juliette aurait volontiers tendu la main vers cette main glacée, elle l'avait déjà senti, et savait qu'elle avait l'habitude de se promener dans les zones de l'infirmerie où suintait l'humidité sur les murs. Cet horrible son qui lui avait échappé et blessé pendant dix minutes, elle le connaissait déjà, il hantait même l'infirmerie surtout pendant cette période. La jeune Bleue n'était pas du genre à y passer son temps en allant y faire la lecture aux plus jeunes malades souffrantes aux yeux pétillants d'une vie qui allait peut-être s'éteindre à jamais. Premièrement, elle n'aimait pas les enfants, n'avait pas la patience pour s'occuper d'eux, et elle se voyait très très mal prendre soin d'une petite fille comme une mère se chargerait de la sienne, avec amour et affection. Peut-être était-ce un remède miracle qui aidait le malade à survivre, mais c'était difficile à croire. Dieu devait bien se ficher de ce que eux, pauvres mortels, pouvait bien subir sur Terre, puisqu'Il leur infligeait de telles agonies. Et deuxièmement, cet endroit sentait mauvais, on aurait cru qu'en réalité elle était abritée par la tente noire de la mort, et que lorsque l'envie lui prenait, une petite souffrait une dernière fois pour de bon, avant que son âme ne s'échappe dans un ultime soupir (de soulagement, de délivrance ?) reposant. Comment pouvait-on, ne serait-ce qu'entrer dans une pièce où la mort zigzaguait entre les lits ? Sans parler des saignées pratiquées. Juliette se souvenait de sa présence dans les jardins arrières un après-midi où l'unique porte de ce côté venait de s'ouvrir sur le médecin de l'école. Dans ses mains, un seau couleur d'argent, qu'il s'empressa de renverser sur l'espère de graviers de l'école. Une vague pourpre s'était élevée avant de retomber lamentablement, éclaboussant la fraise blanche du médecin au passage. Puis, il était reparti. Une odeur de fer sucré-salé lui avait chatouillé les narines, tandis que ses yeux s'étaient posés sur la tâche écarlate. Comme si un homme venait d'être tué à cet endroit. Peut-être que c'était ça son métier, au médecin. Tuer plus vite pour délivrer. Oh, Juliette savait que la vie valait la peine d'être vécue mais lorsque les plaies saignent trop... Ce n'était supportable qu'un temps. Elle sentait encore la délicate brise qui lui mordait les joues et cet odeur sanglante qui lui parvenait jusqu'aux narines. C'était étonnant que dans sa mémoire, ce parfum en soit si agréable.

Instinctivement, sa main se porta sa poitrine, ses doigts blafards serrant étroitement le léger tissu de sa robe. Si elle ne le retenait pas, son cœur allait définitivement sortir de sa poitrine. Depuis longtemps il avait sombré et n'avait guère plus de valeurs qu'un tas de chair en loques, seuls ses sempiternelles pulsations pouvaient rappeler qu'il envoyait encore du sang dans ses veines, que Juliette vivait de ce liquide précieux qu'elle affectionnait tant. Par sa belle couleur rubis qui maculait les épées des cavaliers qui levaient fièrement leurs armes vers le ciel, l'argent étincelant au soleil. Et puis, c'était l'élixir de vie. C'était sans doute pour cette raison que, d'après les légendes, le comte Dracula aimait s'en abreuver, pour tenter d'obtenir ce qu'il n'avait pas. Ses yeux avaient perdu leur lueur et leur beauté aussi parfaite soit-elle, ne pouvait se refléter dans un miroir. La jeune fille secoua légèrement sa tête. Voir la vie d'un côté si positif n'était pas dans son habitude. Ce devait être la fièvre, où peut-être parce qu'elle sentait ces doigts glacés lui serrer la poitrine comme dans un étau ? Sans doute, un mélange des deux. Elle finit par sentir le regard pesant de la jeune fille à côté d'elle se posant sur Juliette. Avant qu'elle ne se recroqueville sur elle-même masquant son visage.

- Tu sais, quand tu ouvriras les yeux, il pleuvra toujours.


Si la Bleue en avait la possibilité, elle n'aurait pas hésité à prendre une cigarette et en prendre une large goulée, avant de rejeter une dernière fois la fumée blanche.
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MessageSujet: Re: Walk You In Gardens... [Juliette]   Mar 29 Nov 2011 - 15:27




La Bleue était toujours là, assise sur le banc, aux côtés de Diligence. Elle était toujours là, à tousser, à cracher, à râler. Elle s’époumonait comme une folle. Des fois, Dieu semblait lui laisser un temps de répit et Diligence pouvait entendre le silence quelques instants. Mais cela ne dure qu’un temps et vite la toux de la Bleue reprenait, elle résonnait dans les oreilles de la jeune fille et tintait, méchamment, remontant jusqu’à son cerveau. Là, la toux était reine et le bruit semblait encore plus fort. Diligence mit son oreille gauche contre son genoux et appuya fort, pensant, dans sa pauvre petite tête, que l’horrible bruit, apeuré sortirais par l’autre côté. Qui sait ?

La pluie dégoulinait. Elle glissait doucement contre ses cheveux, longeait son coup et se jetait dans son dos, comme si la pluie, vicieuse et mesquine, savait que ici, c’était désagréable, qu’ici cela nous donnait des frissons monstrueux. La Jaune se repliait un peu plus. La présence de l’autre jeune fille ne la dérangeait plus. Diligence était partie. Partie loin, dans son monde de songes et de rêves. Partie loin, vers d’autres horizons, d‘autres contrées, inhabitées et éloignées de toute civilisation. Inconnus de tous, où aucun explorateur ne s’aventurera jamais. Diligence était partie, bien partie. Là-bas, le soleil se fait bas. Normal, c’est le soir. Le ciel prend cette belle couleur orangé. Quand on regarde tout en haut, le ciel est encore bleu, dans son bleu azur, de son bleu pastel qui nous fait rêver et qui nous donne envie de s’étendre sur un nuage cotonneux et moelleux, blanc comme la neige et doux comme une couette. Plus notre regard descend vers la terre, plus les couleurs se diversifient. Tout d’abord, on a un orange discret et effacé, clair et disloqué, que l’on pourrait à peine remarqué. Puis petit à petit il s’affirme et se transforme en un orange dur et vif, un orange sûr de lui et que tout le monde regarde, avec cet air étonné et émerveillé, qui se demande comment le ciel peut faire, et surtout pourquoi. On regarde tous ce ciel étrange qui aime changer de tenue en fonction de l’heure. On le regarde et on l’aime. On veut immortaliser ce moment magique, on a peur qu’il disparaisse. On s’émerveille, quand notre beau orange devient un rose énigmatique, puis et s’endort et on rêve en voyant le violet manger tout le ciel, morceau par morceau, englobant tout autour de nous. On aime ce ciel changeant, on le regarde avec nos yeux d’enfant. On voudrait vivre dedans, pour pouvoir percé le mystère des couleurs et joué avec. Mais on est maudit à vivre sur terre, alors on se contente de regarder les couleurs, de garder l’espoir au fond de nous, et on se dit que, lorsqu’on mourra, on gagnera le secret du ciel. Mais on n’aime pas toujours le ciel. Quand la nuit, ténébreuse, sombre, effrayante masque et plonge dans le noir notre habitat, quand nos cauchemars les plus fous remonte à la surface, se mélange à cette nuit sans fins et viennent nous terrorisés si bien que l’on ne peut dormir, on le maudit, ce ciel si sombre et si changeant. Alors que le ciel ni est pour rien. C’est le soleil, qui apporte la lumière. C’et soleil qui disparait. C’est le soleil qui fait le dégradé de couleur si beau à regarder. Le soleil, cet astre lointain, cette immense étoile, ce joyeux de lumière. Ce bijou si loin, éternellement inaccessible. Oui, Diligence est loin. Elle est sur un nuage, là-haut, dans le ciel, a joué à cache-cache avec le soleil, repoussant la lune pour que la nuit de se montre jamais. Diligence serait bien restée là-bas si quelqu’un ne l’avait pas fait redescendre sur terre. C’était les pires moments pour Diligence. Ne plus pouvoir rêvé, être obligée de revenir parmi ses semblables, revoir les autres, revivre les mêmes horreurs. Chauques choses à une fin, mais des fois, elle arrive trop tôt. Diligence détestait ces moments, aux elle revenait dans le monde normal, où tout avait un sens, où il n’y avait pas de place pour le rêve et pour l’isolement. Ici, tout était calculé, prévu, obligé. Chaque choses était à sa place et ne devait pas y bouger. Chaque jour était le même, chaque heures, chaque minutes, chaque secondes étaient exactement semblables à celle devant et celle d’après suivra le même modèle. Comme si les jours étaient façonnés dans un moule et que le plâtrier n’a pas pensé à le changer. Diligence pourrait presque prédire l’avenir si elle le souhaitait, elle pourrait presque tout deviner par avance dans cette vie interminable. A croire qu’une simple vie pourrait devenir une éternité. Et l’éternité, c’est long.

Revenons à la Jaune. Quelques choses ou quelqu’un la dérangeas en pleins rêves, et cela ne plus pas à la demoiselle recroquevillée sur son banc. La pluie la rafraichissait car étrangement, elle avait chaud. Son coup, ses mains, ses joues, son fronts, tout semblaient bouillir d’une étranges chaleur. La demoiselle releva lentement la tête, cherchant à voir om elle était, et si il y avait un danger dans les alentours. Elle tourna délicatement la tête vers la Bleue qui hélas était toujours là, bien décidé à rester ici, avec sa maudite toux et son visage trempée de sueurs mélangée aux gouttes de pluies qui faisaient dégouliner sur son visage rosi de grandes trainées d’eau translucides. C’était elle, l’intruse du banc, qui venait de parler.

« Tu sais, quand tu ouvriras les yeux, il pleuvra toujours. »

Diligence serra les lèvres. La Bleue venait la dérangée alors qu’elle était seule sur son banc, puis elle la sortait d’un merveilleux rêve dans son monde imaginaire et c’était pour dire une moquerie. Pour juste ce montrer intéressante, avec son air sarcastique et maladif. Diligence avait envie de pleurer. Pourquoi fallait-il que sans cesse quelqu’un vienne, quelqu’un sans prenne à elle. La jeune fille resta là, sans bouger à regarder la Bleue. Quoi répondre, quoi répliquer à cela ? La Jaune n’avait pas le sens de la répartie et quand bien même, elle ne voulait en aucun cas s’attirer des ennuis, surtout avec une Bleue. Surtout avec un Bleue comme celle qui se tenait en face d’elle, assise sur le banc, assise sur son banc. L’ignorer serait peut être la solution idéale. Mais comme le prendrait l’autre ? Le cœur de Diligence s’accéléra. Dès qu’un choix devait être prit, dès que le moindre signe de danger ou d’ennuis arrivaient, Diligence ne pouvait retenir son cœur. Il courrait, gambadait, galopait, fonçait, faisant la course, allant du cerveau jusqu’aux orteils, passant par les avant-bras, faisant un salut au passage aux poumons. Diligence aurait voulu plongée sa main dans son torse pour le calmer mais c’était hélas impossible. La Jaune ne savait que faire et resta là, assise sur son banc, les gouttes de pluies lui dégoulinant dans sa chevelure. La Bleue, même si elle ne semblait pas spécialement mauvaise, la terrifiait plus que jamais. Une remarque sarcastique, un regard en coin, un sourire mauvais et ça y est, Diligence pouvait se mettre à trembler de tous ses membres. Autant dire, qu’aux côté de la Bleue, Diligence n’en menait pas large…
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Juliette de Rousseau

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MessageSujet: Re: Walk You In Gardens... [Juliette]   Sam 10 Déc 2011 - 18:56

Des mèches châtains se collaient sur son front en sueur, rafraîchit par le rideau de pluie, la tête baissée, les yeux fermés, un filet de vapeur fuyant ses lèvres brûlantes. Elle sentait sa poitrine chaude, aussi chaude qu'étaient les rayons de soleil en été, mêlée à ses frissons qui ne cessaient de lui rappeler le froid intense l'envahissant. À cet instant, Juliette frissonnait, tremblait de peur, de peur que sa carapace ne se brise alors qu'elle était aussi vulnérable. Toute dignité ne tenait plus qu'à un fil, comme si il suffisait d'une simple quinte pour qu'il ne s'effiloche. Pourquoi tout n'était plus soleil couchant à l'horizon et grillons chantant ? La petite lueur qui éclairait ses yeux lui donnant cet air impénétrable et effrayant s'éteignait, semblait s'effacer à chaque qu'elle toussait un peu plus. Elle avait laissé place à un simple film humide, à des prunelles noires et tremblantes qui ne demandaient qu'à cesser une telle douleur. Plus elle y réfléchissait, plus elle se demandait si cela valait la peine de continuer. Sa vie s'était limitée à un simple désir, c'était cela qui l'avait animée. Juste ça. Juliette n'était même plus sûre de vouloir continuer à se battre, puisqu'après tout, cela ne réglerait rien. Rien du tout. Une fois son besoin assouvi, sa vie aurait-elle encore une valeur alors qu'elle n'était plus qu'un être sans personnalité animé par une simple envie ? Juliette n'y voyait guère l'intérêt. Plus elle y pensait, plus elle se disait qu'elle ne comprenait pas. Rien de précis, son incompréhension venait simplement de son esprit complètement flou dont les pensées n'étaient plus qu'une masse compacte et impossible à distinguer. Mais peut-être était-ce parce qu'elle avait passé dix-sept années dans le brouillard. Elle marchait à l'aveuglette, suivant son instinct, et elle savait que son destin allait s'arrêter lorsqu'elle tomberait sur le cimetière typiquement cliché des journées plongées dans ce brouillard. Un regard à droite, un dernier regard à gauche et c'était finit. Pourquoi est-ce si difficile en pratique ?

Juliette soupira. Elle n'avait jamais été lucide, et peut-être était-ce ce qui la désespérait le plus. Enfin, non. Elle s'y était faite. C'était dommage, d'avoir faillit tuer sa génitrice pour une telle personne. Deshumanisée. Vide. Transparente, dans tous les sens du terme. Indéchiffrable, parce qu'il n'y avait rien à déchiffrer. De la chaire en mouvement animée par des impulsions d'instinct animal. Cela n'avait aucune valeur. La seule qui peut-être la rapprochait de l'humain était la foi. Son cœur ne lui servait qu'à pomper son sang, son beau sang écarlate, brillant comme des milliers de rubis au soleil car il était l'élixir de vie. Doux comme du velours. Juliette releva la tête pour continuer de regarder Saint-Cyr assailli par la pluie, le vent, le froid. De là où elle était, elle pouvait même entendre d'autres toux qui provenaient de l'infirmerie. Aussi longtemps que Juliette Rousseau aura une étincelle de révolte, jamais elle n'y mettrait les pieds. Pas parce que la maladie l'effrayait, ou qu'elle n'aimait pas voir les autres souffrir, au contraire, la Bleue est une personne rationnelle, mais elle ne voulait pas lâcher son dernier soupir dans une salle bondée d'autres parasites. Il y en avait bien assez dans l'école elle-même, inutile d'en rajouter une couche. Ses iris de noisette croisèrent des pétales rouges dont les couleurs réhaussaient la fadeur du gris. Les gouttes de pluie roulait sur elle tandis que peu à peu, la fleur s'évanouissait, imperméable à ce qu'on pouvait bien lui faire. Maître de son destin, jamais elle ne se laisserait dompter par des intempéries. Jamais. Une perle humide glissa, avant de s'écraser sur le sol, comme tant d'autres, de façon si banale... Des gouttes, il y en avait des millions, des milliards, qu'est-ce que la perte d'une ferait au monde ? Une simple onde tout aussi banale parmis tant d'autres sans autre dégât que sa perte. Tandis qu'elle remontait la tête vers le ciel pour déguster la fraîcheur de l'orage, son regard se porta sur les ailes d'un oiseau. Juliette s'étonnait qu'un plumage puisse être si blanc.

Un instant, elle sentit la légereté des yeux de sa voisine, insoutenable. Juliette lui jeta un regard en coin, un sourire mesquin dessiné sur ses lèvres. Elle avait les yeux grands ouverts, comme étonnée parce qu'avait pu lui souffler la Bleue. Rien de bien méchant, c'était plus facile de critiquer, juger et dire du mal que de vouer louanges. C'était beaucoup plus simple et plus amusant surtout. Elle étouffa sa toux dans sa manche, presque ronronnante de plaisir à ce contact chaud, le froid le suivant lui rappelent qu'elle n'était pas dans un cocon. Quoiqu'il arrive, elle sera gelée. Quoiqu'il arrive, même malgré le plus beau soleil du mois de jullet, il pleuvra.

- Quoiqu'il arrive, il pleuvra.

Léger murmure furtif, s'envolant avec les feuilles mortes qui faisaient bruisser les derniers feuillages résistants une dernière fois. Juliette sentait la peur de la petite Jaune, qu'elle ressentait vis-à-vis de la Bleue. Finalement, c'est toujours quand on a l'air plus fort que l'on a l'air si faible. C'était le genre de chose qui se cernait dès le premier regard, et son silence la trahissait fortement. Lourd, pesant, si tendu qu'il en était palpable, brisé par la pluie battante. Juliette pencha sa tête sur le côté, toussant plus que légèrement, grimaçant en sentant le raclement de sa gorge, puis relançant son regard vers le ciel pluvieux. Septembre était passé, il était peut-être temps de se réveiller. Dormir éternellement n'était pas encore une solution favorable. Juliette aurait largement le temps de dormir lorsque son âme reposera en paix au fond d'une fosse commune, son corps retournant en terre mêlé aux autres dépouilles vides. Mais c'était tellement difficile d'agir alors qu'elle sentait ses yeux la piquer, son corps surchauffer et sa gorge se racler à chaque goulée. Comme si une lame métallique se pressait contre elle, appuyant de plus en plus fortement. Peut-être cela expliquerait le goût sucré-salé de ferraille qui se déversait dans sa bouche. Doux comme le velours, il coulait telle une cascade qu'elle ne cessait de ravaler, comme les sœurs Danaïdes s'efforçaient depuis des siècles à remplir ce tonneau sans fond.

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MessageSujet: Re: Walk You In Gardens... [Juliette]   Mer 14 Déc 2011 - 14:41

« Quoiqu'il arrive, il pleuvra »

Comme si Diligence ne le savait pas. Ce n’est pas elle qui empêchera ces petites gouttes courageuses et rapides de venir se fracasser contre sa peau, ou par terre, sur le sol maintenant transformée en marre de boue brunâtre. Non ce n’est pas elle qui y arriverait, mais ce n’est certainement pas plus cette Bleue au sourire sarcastique et supérieur. D’ailleurs qui pourrait empêcher cette eau bleue de s’évaporer et de monter loin, très haut dans le ciel. Qui les empêchera de se transformer en nuage ? Qui les empêchera de tomber bien bas, jusqu’à sous nos pieds. Qui les empêcheras d’aller se glisser dans la terre et d’aller apporter à boire aux pauvres plantes assoiffées en saison estivale. Rien ni personne ne pourra les empêcher de vivre leur vie. Les gouttes sont immortelles. Présente dans l’eau salée de la mer, elle s’évapore et touche le ciel, rejoignent les nuages et voyage, visite les pays, ce font porter par le vent, vive la belle vie près des cieux. Puis quand la tempête vient, c’est courageuses gouttes descendent à la vitesse de l’éclaire et s’écrase sur le sol, ou retombe dans la mer. Et peu de temps plus tard, quand le soleil farceur sortira de sa cachette, les petites gouttes remontrons. Car après la pluie, le beau temps non ? Les gouttes sont immortelles, alors que nous, nous que sommes-nous ? Rien. Quelques années après notre mort, qui se souviendra de nous ? Qui nous regrettera ? Personne. Alors que l’eau, elle, elle est indispensable. Notre vie à nous commence à peine, qui déjà la fin est proche. Nous ne sommes jamais à l’abri de la mort, même à l’intérieur du ventre de notre mère. Etre jeune n’est pas un remède contre la mort, bien au contraire. Chaque seconde qui passe peut-être notre dernier instant à vivre. Mais cela, personne ni pense, car tout le monde a peur de la mort. Chaque être frissonne rien qu’à ce nom. Des sueurs froides glissent dans le dos de certains, les mains deviennent moites et l’on demande à changer de conversation. Pourtant, la mort, c’est naturel, tout comme la vie. La mort n’est rien d’autre qu’un mauvais moment à passer, comme lorsqu’on doit se faire arracher une dent. La mort ne devrait pas faire peur ainsi. Toute notre vie, on s’y prépare, et le moment venue, on voudrait décaler la date, mais cela est impossible. Notre vie est un chronomètre. 10, 9, 8… Le chrono est lancer, plus moyen de revenir en arrière. La fin est proche des que les secondes s’élancent sur l’horloge. 7, 6, 5… Les minutes passent et l’on fixe anxieusement le compteur, voulant coincer les aiguilles. 4, 3, 2… Mais cela ne sert à rien, le temps n’a pas besoins d’aguilles ni même de montre et d’horloge pour défiler. Les bons moments passent trop vites, les mauvais trop lentement, c’est ce qu’on dit. On dit aussi qu’avant sa mort, on revoit toute sa vie en un flashback. 1, 0 ! C’est fini. Notre esprit s’envole et notre corps reste, trop lourd et ensemble futile qi ne mérite pas le paradis. Si vous y êtes destinés. Et si bien sûr il existe.

Diligence ne croit pas au paradis. Ni à l’enfer. Tout cela n’est que mensonge. Un de plus ou un de moins, ce ne doit pas être ça qui empêche le clergé de dormir. Sa mère et sa sœur étaient très catholique. C’est peut-être cela qui a encore plus dégoutter Diligence de l’Eglise. Aller prier à toute heure de la journée pour son salut n’enchante guère la Jaune, au contraire. Pier pour qu’un miracle surgisse. Cela fait bien longtemps que Diligence ni croit plus, au miracle. Que fait Dieu, la haut ? Il joue aux osselets ? En tout cas, il ne doit guère se préoccuper de ses créations. Il est vrai que cela doit être ennuyant. Les hommes le sont tellement. Toujours à se déclarer la guerre pour un rien. Au fond, si Dieu existe, Diligence pourrait le comprendre. Mais les miracles, les apparitions divines et le reste, ce ne sont que des foutaises, des balivernes rudement bien contés qui arrive à emporter bon nombre de personnes. Pas la Jaune, assise tranquillement sur son banc. Elle tourna la tête vers l’autre demoiselle, toujours assise sur son banc. Ses cheveux mouillés se collaient sur son visage. Cela ne rendait pas franchement très beau, mais Diligence ne devait pas être mieux. La pluie et la sueur se mélangeaient, formant une colle liquide et brillante sur le visage blanc de la Bleue. Diligence détestait sans franchement sans rendre compte la Bleue. C’était naturelle chez elle de détester quelqu’un. Tous ceux qui se comportaient mal avec elle n’étaient pas porté dans son cœur. Mais Diligence ne leur faisait pas savoir. Car la plupart du temps, elle avait peur d’eux, de leur supériorité, de leur savoir-faire, d’eux dans toute leur splendeur inquiétante et paralysante. Souvent, ces gens aiment se rendre intéressant, comme cette Bleue et aiment embêter les plus faible. On n’a beau rien faire et rester dans son coin, attendre gentiment que le temps passe, laissé la vie passer autour de nous et de rêvasser, il y aura toujours quelqu’un pour venir nous narguer, pour venir nous déranger et pour montrer son invulnérabilité, sa domination grotesque envers l’être de la classe en dessous. Diligence fait souvent partie des pauvres petits martyrs qui n’ont rien demandé mais qui reçoivent tous. Comme si les êtres éternellement supérieurs avaient un radar dans les yeux, qui détectait leurs victimes instantanément. La vie était faite ainsi. Manger ou être manger. C’était la dure loi de la vie. Parfois Diligence rêvait de détenir se pouvoir qui faisait que tout le monde vous respecte, d’elle aussi allait faire peur au être inférieurs. Des fois, elle relève le dos, hausse ses épaules, tend le coup et jette son visage en arrière et lance un regard dur et mauvais dans le vide. Mais dès que quelqu’un passe, elle se recroqueville, baisse les yeux et les épaules, plie les jambes et avance sans but, elle ère sans même sent rendre compte, plongée de ses pensées et dans sa défaite. Une de plus. Des fois, elle abandonne avant même d’avoir croisé quelqu’un, la peur étant déjà présente. Etre faible, ce n’est pas facile tous les jours. Et aujourd’hui quelqu’un avait décidé de dérangé la Jaune, tranquille sur son banc. Et ce quelqu’un, cette Bleue assise sur le banc de Diligence, n’avait pas l’air de lâcher l’affaire. Très bien, parfais, la persévérance n’est pas un défaut après tout. Qu’est ce qu’elle voulait de Diligence. Entendre le son de sa voix ? Voir sa réaction, aussi bête fut-elle ? Ridicule. Une foule de réponse sanglante passa dans la tête de la jeune fille mais aucune ne réussit à franchir ses lèvres fines. La peur de l’être supérieur, encore une fois. Le son de ses cordes vocales réussit tout de même à franchir l’obstacle quais-insurmontable des lèvres, mais pour dire d’une toute petite voix :

« Je sais, Mademoiselle »

Pathétique, pitoyable. En espérant que cela suffise à la Bleue.
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Elisabeth du Bois Vermeil

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MessageSujet: Re: Walk You In Gardens... [Juliette]   Mer 4 Juil 2012 - 18:35

Hello, RP fini ?

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Walk You In Gardens... [Juliette]

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