Maison Royale de Saint Louis (Saint-Cyr)

Forum RPG au temps de Louis XVI, dans la Maison Royale de Saint Cyr à la veille de la Révolution Française.
 
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Scrounch ! "Mangez des taupes !" Souvenirs... <3 (by Hed)

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 Spring comes Again [Cathy]

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MessageSujet: Spring comes Again [Cathy]   Jeu 7 Avr 2011 - 9:34

SpringComesAgain / Catherine.


La jeune fille passe un visage timide par la porte. Personne. Elle l’ouvre toute grande et sort dans les jardins, marchant à pas tranquilles. Autour d’elle, le jardin s’éveille sous les rayons du soleil et le doux regard du printemps. Partout ou elle tourne la tête, ce n’est que verdure. On n’entend plus parler de neige ni des frimas de l’hiver. Son regard capte un bourgeon luisant de rosée ; son oreille un mélodieux chant d’oiseau. Une brise légère fait voleter ses cheveux. Un rayon de soleil caresse sa peau. Tout ça, ces petites images et ces clichés joyeux et pleins de vie, c’était le printemps.

Europe suivit un instant du regard un couple d’oiseaux se poursuivants à travers les branches d’un arbre en fleur. Son regard se porta ensuite sur un arbrisseau portant de magnifiques fleurs blanches. Elle se pencha et en cueillit une, brisant délicatement le rameau qui la retenait. Elle la coinça dans ses cheveux, derrière son oreille. Elle se promena ensuite dans tout le jardin, primesautière, sautillant de partout et chantonnant une petite comptine enfantine. Elle avait retroussé ses manches jusqu’au coude, telle une paysanne. C’était une très mauvaise habitude, mais impossible de la perdre. Le temps rayonnant et la claire lumière teintée de vert lui rappelait les printemps joyeux de son enfance, ou elle grimpait encore aux arbres et déchirait ses jupes sur les branches. Esquissant un sourire heureux teinté de mélancolie, elle pensa à son père, qui la plongeait de force dans un bain, quand elle rentrait les joues brunes de terre et les genoux écorchés, et de sa mère poussant des soupirs affligés mais amusés en voyant l’état de ses tenues. Plus tard, aux jours de printemps, elle ne sortait pas sans son ombrelle et deux ou trois de ses plus proches amies, ou elle rester chez elle à parler sans fin avec ces mêmes personnes. Elle esquissa un sourire joyeux. Elle avait eu une enfance heureuse et choyée. Elle était parfaitement consciente de la chance qu’elle avait. Sautillant de-ci de la, elle faisait voleter les graviers par les légers heurts de ses pieds. L’image parfaite de l’enfant insouciante –voir heureuse. Elle traversait gaiement une allée quand une surveillante qui passait l’apostropha. Elle lui demanda si elle était bien Europe de Vauluisant. Se retenant de rétorquer que non, elle était la Reine d’Angleterre, elle lui répondit par l’affirmative. Qui était-elle pour ne pas la connaître ? La femme lui remit une lettre. « Elle est de la part de votre mère ». Elle prononça ces paroles sur un ton hautain. Europe eut un sourire en coin. Elle était jalouse. Jalouse d’elle. Elle pouvait parier qu’elle, elle n’avait pas reçu de courrier. La lettre à la main, elle prit la direction du bâtiment pour la lire au calme.

La porte rebondit contre le mur ; elle l’avait poussée un peu trop fort. La lumière envahit un instant le couloir, puis le lourd battant se referma avec un bruit sourd. Europe fut surprise par le contraste entre le couloir et le jardin. C’était beaucoup trop sombre ici. Avisant d’épais rideaux, elle s’avança d’un pas décidé vers les tentures et les écarta d’un coup sec. Aussitôt, la lumière claire envahit le couloir, grâce aux hautes fenêtres jusque-là dissimulées. C’était bien mieux comme ça. Poussant un soupir satisfait, elle se laissa glisser le long du mur jusqu’à se retrouver assise au sol. Calant sa tête contre le tissu, elle examina l’enveloppe. C’était bien l’écriture de sa mère, mais pourquoi donc lui écrivait-elle ? Haussant les épaules, pas plus inquiète que ça, elle se prépara à décacheter l’enveloppe. Entendant un bruit –un froissement de jupe– au bout du couloir, elle suspendit son geste. Qui venait, cette fois ? Effectivement, pas moyen d’être tranquille dans cette maison… il fallait évidemment qu’elle tombe sur une de ces filles rêvant de liberté, ou sur une des dindes qui gloussaient au moindre ragot un tant soit peu croustillant… ne pouvait-elle pas se contenter de rire ? Parfois, cela faisait du bien d’entendre un simple rire, franc et joyeux. Un rire cristallin, qui apaisait. Un simple rire, parfois, valait mieux que n’importe quelle médecine. La jeune fille se releva et défroissa sa jupe. Elle plissa les yeux et chercha à distinguer une silhouette, mais hormis la flaque de lumière ou elle se trouvait debout, le couloir était très sombre. Haussant les épaules, elle se rassit tranquillement. La personne avait du emprunter les escaliers à l’autre bout du couloir, à moins qu’elle soit restée sur place sans rien faire, ce qui n’avait pas vraiment de sens. Ou alors elle avait rêvé ce bruit. Laissant échapper un léger rire pour elle-même, elle se remit à sa lettre. Promenant ses doigts autour du cachet rouge, elle s’en saisit et le décolla délicatement, sans le briser. Elle le posa à terre à côté d’elle. En soulevant le rabat de l’enveloppe, elle souleva un nuage de poussière. Combien de jours cela faisait-il que sa lettre l’attendait ? Elle leva les yeux au ciel en poussant un soupir agacé. Elle laissa les petites particules de poussière, les observant danser dans la lumière, un instant distraite de son objectif. Enfin, elle sortit l’épaisse feuille de papier, sur laquelle était tracé les lignes de sa mère, d’une écriture soignée. Son regard capta les arabesques des l et les gracieuses courbes des g , l’écriture si familière de sa mère. C’était elle qui lui avait appris à écrire, et elle n’avait jamais réussi a former d’aussi belles lettres qu’elle. * Alors, qu’à tu à me dire, maman ? * « ma très chère fille… » Europe s’interrompit dans sa lecture. C’était bien son genre. Pourquoi faire une lettre si pompeuse quand on s’adressait à sa fille ? Elle reposa ses yeux sur les lignes noires, quand elle entendit, très distinctement cette fois, un bruit de pas. Repliant la lettre et la rangeant dans on enveloppe sans se presser, elle se releva ensuite d’un mouvement fluide. Elle rangea sa lettre dans son corsage, oubliant à terre le petit cachet rouge. Elle réarrangea ses manches, pour les replier sous ses coudes immédiatement après. Il n’y avait rien à faire.

La colombe laissa s’approcher la nouvelle arrivante jusqu’à ce qu’elle fut dans son champ de vision. C’était une bleue. Elle paraissait fine, voir frêle, mais d’une légèreté incomparable. Pourquoi dans cette maison, toutes se sentaient obligées d’être jolies et minces ? Cependant, elle enviait sa légèreté. Elle-même, même si elle sautillait de partout, ne paraissait pas déambuler de ce pas aérien. Mais bon. S’avançant de quelques pas, elle esquissa un vague geste de la main accompagné d’un petit sourire.
- Ce qu’il fait sombre dans ce couloir !
Elle avait parlé un peu fort ; l’écho de sa voix résonna dans le couloir. Et bien sur, elle n’avait pas dit bonjour ou une autre chose du même ordre. Non… Mais si elle n’avait pas fait une remarque débile, elle n’aurait pas été Europe.
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Juliette de Rousseau

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MessageSujet: Re: Spring comes Again [Cathy]   Lun 18 Avr 2011 - 12:05

Catherine réprima un frisson. Penchée au-dessus d'une bassine, son visage blême se reflétait dans l'eau glacée. Ses iris noisette revêtaient une couleur endormie, ses jours légèrement rosés, ses lèvres pincés, son corps grelottait. À cette heure-ci, la salle de bain était bondée de Bleues qui s'affairaient à arranger un peu leur tenue, leur coiffure après une nuit de sommeil. Elle détestait ce moment de la journée, d'une nouvelle journée. Qu'est-ce qui pouvait se montrer plus affreux que le lendemain ? Quelque chose de nouveau commençait, c'était le lendemain d'hier, le début d'une autre symphonie. Difficile de commencer, mais une fois qu'on y ait, cela allait tout seul. Midi passé. La jeune fille détestait tremper son visage dans l'eau gelé, se laver à l'eau gelée, de nature assez frileuse, c'était quelque chose de douloureux. Ses cheveux châtains après avoir bataillé toute une nuit, lui arrachaient quelques cris lorsque le peigne s'efforçait de les démêler. Les autres Colombes qui l'accompagnaient semblaient si heureuses les matins, si heureuses que l'envie de les claquer lui prenait. Comment pouvait-on se réjouir ? Elles prenaient un tel soin pour s'occuper de leur apparence, c'en était consternant. Catherine sortit, repassant dans son dortoir, la fenêtre filtrant les rayons du soleil. Les dernières élèves qui n'avaient pas encore pris la peine de se lever se faisaient sermonner par une Noire, leur jetant des regards assortis à leur robe. Ce n'était pas pour rien qu'elles étaient surnommées les « Noires ». Ce devait être un métier ennuyeux. La jeune fille n'avait jamais songé à ce qu'elle ferait si elle était à leur place. La dépression devait presque être favorable. Qu'importait, Cathy vivait dans le présent. De sa démarche volante, elle se dirigea vers son lit, face à la fenêtre, s'y asseyant, laissant son visage choir sur sa main. Un léger sourire vint fendre ses lèvres. Une chose était indiscutablement positive. Finit le tapis blanc, les bises mordantes, les perce-neiges frissonnant au gré du vent glacial, les élégants ballets des flocons immaculés. Un léger sourire s'esquissa sur ses lèvres écarlates, son regard se plongeant dans les magnifiques jardins de Saint-Cyr.

Une brume blanche et vaporeuse éclairée par le soleil encore endormie baignait les jardins, ses rayons glissant sur les feuilles vernissées, donnant cet aspect d'intense luminosité. La rosée du matin tapissant l'herbe étincelait comme des milliers de petits diamants, la pelouse dansante au rythme de la délicieuse brise matinale. Les fleurs aux pétales multicolores parsemaient ça et là tout le jardin, se réunissant parfois en parterre, peignant un tableau printanier, chantant une symphonie de couleurs dignes du plus grand artiste. Leurs arômes s'imprégnaient en tout, la fenêtre entrouverte laissait entrer leur délicat parfum florale, à la fois doux, et indiscutablement enivrant, attenué par l'humidité matinale. À cette période de l'année, tout n'était plus qu'idylle mêlée à allégresse, fouler les terres de Saint-Cyr était un pur délice. Les lèvres de la jeune fille se fendirent. Étant donnée les circonstances, cela virait trop dans l'idéalisme pour sembler seulement réel. Tel un songe, c'était éphémère, et c'était toujours difficile de passer du soleil à l'ombre. Mais ne dit-on pas que les songes bercent, ne dit-on pas que l'espoir fait vivre ? Tellement de choses sont dites... Tellement de choses étaient dites, que leurs paroles en devenaient inutiles. Trop de paroles tu la parole. C'est irrévocable, malheureusement. Catherine sentit quelque chose se poser sur son épaule, serrant un peu trop fort à son goût, mais c'était inutile d'insister, elle avait très bien compris. Elle s'empressa de quitter le dortoir, et à part la Noire, personne n'était dans les parages. Un silence de mort régnait, brisé par moment par les chants des oiseaux, faibles. Cathy continua dans la direction prise au début, ses pas la guidant seuls.

Les ténèbres qui se baladaient dans le grand couloir de Saint-Cyr paraissaient irréels après le paysage chatoyant qu'elle avait pu observer. Pourtant, elle les sentait la chatouiller de partout, glissant le long de son corps. Aucune source de chaleur, excepté, une faible braise rougeoyante ronronnant au fond du couloir, dansant sur les murs. Elle aurait mieux fait d'aller dans le vestibule, on n'y voyait rien ici. Tournant à l'angle, une petite fenêtre d'où s'infiltrait quelque rayon réchauffait l'atmosphère sordide. Catherine esquissa un léger sourire. À cette heure-ci, personne ne circulait dans les couloirs, seuls ses légers bruits de pas étaient audibles. Tendant l'oreille, Cathy perçut un léger froissement, doux, furtif. Il avait été esquissé à cause d'elle, parce qu'elle était là. Peut-être était-elle moins seule que ce qu'elle pensait. D'un mouvement fluide, l'inconnue se leva, son visage prenant place aux faibles lueurs du couloir. Ses cheveux blonds-bruns s'imprégnèrent de la lumière, ses iris s'habillaient d'une délicieuse couleur gris-bleu pétillant, ses manches étaient retroussés, et de délicate touches de miel se dessinaient sur sa peau. Elle semblait avoir son âge, mais elle ne l'avait jamais vue dans sa classe. Ses lèvres se fendirent sur des dents immaculées, son timbre de soprano se répercutant sur les murs.

« Ce qu’il fait sombre dans ce couloir ! »

C'est toujours sympa de commencer la discussion avec une remarque. Mais elle n'avait pas tort, c'était la réflexion que se faisait Cathy deux minutes plus tôt, elle l'avait remarquée toute seule. La façon dont elle l'accostait était assez étrange en elle-même, quand on croise quelqu'un on lui dit bonjour. Enfin, elle n'allait pas se mettre à déclencher une polémique. L'État avait déjà assez de problèmes pour ça. Au lieu de ça, la jeune Bleue conserva son petit sourire idiot, plongeant ses iris noisette dans les écumes de l'autre Colombe. Un commencement un peu rapide, cependant les yeux étaient quelque chose de fascinants. Ils révélaient tout, comme si notre âme était là et pas autre part. C'était par les yeux qu'on sondait les âmes, que tous les mystères étaient révélés. Oh, bien sûr, c'était difficile d'interpréter ce que l'on voyait, mais si, c'était possible. Et ça le sera toujours.

- Ce n'est pas moi qui te dirais le contraire... Peut-être même un peu trop.


Effectivement, le couloir était toujours sombre. Un peu trop. Ou peut-être pas assez.

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