Maison Royale de Saint Louis (Saint-Cyr)

Forum RPG au temps de Louis XVI, dans la Maison Royale de Saint Cyr à la veille de la Révolution Française.
 
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Scrounch ! "Mangez des taupes !" Souvenirs... <3 (by Hed)

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 Burns... It hurts so much. [PV Élisabeth]

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Juliette de Rousseau

♣ Admin Smily
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MessageSujet: Burns... It hurts so much. [PV Élisabeth]   Ven 18 Mar 2011 - 21:36


Une journée à St-Cyr. Comme tous les matins, les premiers rayons du soleil viennent rappeler aux Hommes qu'il était temps pour eux d'oublier leurs songes et de se lever. De là-haut, ses rayons sont si beaux, lumineux et réconfortant que l'on doute de leur traitrise, pourtant c'est bien eux qui sont là pour faire oublier les rêves... Ainsi les oublie-t-on en revenant à la dure réalité, et à vrai dire, c'était un passage assez douloureux que d'aller tremper son visage dans l'eau glacée. Sa beauté est telle qu'elle est trop intense pour être honnête. Quel ennui étaient les journées, quelles douleurs devait-on affronter lorsque le soleil régnait. Quelle douleur renfermait le peuple français lorsque le Roi Soleil régnait... Pourtant, ce bâtiment était bien son œuvre, et cela faisait le bien de la plupart des jeunes filles. C'était mieux que de souiller son honneur en quémandant du pain dans la rue. Le bonheur de certains font le malheur des autres. Ou alors est-ce la chance qui se transforme en malheur ? C'était une chance d'être à Saint-Cyr, mais l'éducation reçue n'était plus la même que ce qu'elle avait pu être auparavant. Et dans tous les cas, la journée pouvait s'avérer douloureuse, et c'était bien lâche de vouloir y échapper à se réfugiant dans les élégants jardins de la maison. De là-haut, le soleil riait en faisant étinceler ses rayons de mille feux, les diamants s'y reflétant symbolisant les notes de son rire aigüe. Ainsi était-il lorsqu'enfermées dans leur salle de classe, la seule solution était d'entendre, d'écouter tout au plus, la voix monotone d'une enseignante qui s'efforçait d'apprendre quelque chose à ses élèves. Et pendant ce temps-là, l'astre solaire riait en rythme avec les mélodieuses symphonies des oiseaux et des fleurs colorées. Et lorsqu'il était triste, des nuages masquaient son visage triste, seules ses larmes traversant ce masque pour s'écraser sur eux. Le soleil était bien traître et lâche de se cacher ainsi. Mais c'est exactement ce qu'il était. Derrière ses airs heureux qui mettent toujours de bonnes humeurs se cachent ce côté sombre de sa personnalité... De toute évidence, si la perfection ne peut exister, ce n'était pas le soleil qui allait lui prouver le contraire. Était-ce un argument suffisant pour blâmer le jour et être du soir ?

Qu'est-ce qu'il avait fait beau aujourd'hui... Un temps magnifique, le printemps commençait clairement à pointer son nez. Plusieurs Colombes étaient sortis se balader dans le beau parc de St-Cyr, et cela faisait un moment qu'il n'avait été si bondé. Les petits oiseaux commençait à entonner des mélodies printanières, le vent battant pour emporter leurs notes qui mourantes, s'éloignaient. Les couleurs vertes se dégelaient de leur bleu de givre, laissant place au flamboyant de la belle saison qui allait suivre. Quel traître cet astre, quelle traître Dame Nature qui essayait tant bien que mal de revêtir ses plus belles parures pour rappeler aux vivants que la vie était belle. Là était l'image que la journée voulait d'elle, une image des plus resplendissantes qu'il soit. Et d'un côté, aveuglé par cette beauté, difficile était de résister à la tentation de laisser berner. Trahison vis-à-vis de l'innocent qui y plongeait son regard profondément abasourdi. Il avait finit par aller se coucher, ses derniers rayons enflammant le ciel bleu. Se retirant telles des vagues, l'océan d'encre l'engloutit, parsemant cette eau noire d'étoiles laiteuses, sujets de Sa Majesté la lune qui répandait cette faible lumière blafarde tout en dominant en silence son royaume des ténèbres. Les fleurs avaient perdu leurs couleurs, revêtant une pâle robe grise, le vent s'était transformé en une douce brise, l'atmosphère se refroidissant malgré tout amèrement. Les nuits demeuraient encore froides voire glaciales, ce royaume nocturne était un domaine encore hostile à cette période de l'année... Pourtant, le silence était maître, le regard, bien que blanchâtre, bienveillant de la lune sur soit, comme pouvait-on ne pas lui faire confiance ? D'un côté, la lune et le soleil était bien distinct l'un de l'autre malgré le fait qu'ils soient complémentaires, s'opposaient. C'était assez difficile de faire confiance aux deux... Il ne restait qu'à choisir.

Emmitouflée dans une couverture, Catherine frissonnait. La nuit était tombée depuis déjà un certain temps, mais l'envie de dormir ne l'effleurait même pas. Ses compagnes de dortoir étaient déjà dans leurs songes depuis longtemps, aussi en avait-elle profité pour filer dehors. Elle avait eu toute la journée pour en profiter, mais la nuit, tout se métamorphosait, tout était différent. La jeune fille ne faisait pas confiance au soleil, il inspirait trop la joie pour être honnête et tant de choses lui échappent... Elle préférait traîner dans les jardins une fois la nuit tombée, il n'y avait plus personne. Ainsi pouvait-elle avoir un tête à tête avec la lune, les laissant dans une certaine intimité. Il suffisait de plonger ses yeux dans son être blanc pour pouvoir discuter tranquillement avec elle. Marchant dans les allées, elle se réfugia dans un coin en recul, du bâtiment elle n'était pas visible. Cathy voulait s'entretenir avec elle, une dernière fois peut-être. Elle releva la manche de son avant-bras qui la faisait souffrir, d'une douleur intense dès qu'elle palpait ses blessures. Il y avait de cela cinq jours, d'une façon bien idiote elle voulait bien reconnaître, son bras s'était dangereusement approchée des braises qui ronronnaient dans la cheminée... Elles s'étaient empressées de grignoter sa chaire, d'un cri de douleur étouffé, elle l'avait retiré, mais la douleur qu'elle ressentit persistait. Quelque chose d'ardent, sa chaire brûlée à vif. Toute son énergie semblait d'un coup réunit à cet endroit... Et ces plaies persistaient, lui rappelant tous les jours qu'elles étaient bien présentes, profondément marquées au fer rouge dans son bras. Ainsi montra-t-elle ses brûlures à la lune, pourquoi refusaient-elles de guérir ? Pourquoi ses plaies refusaient-elles de guérir tout court ? Pourquoi ses blessures de poitrine refusaient-elles de se refermer ? Ça n'avait plus d'importance, parce que personne n'attendait qu'elle sorte enfin de cette maison, elle y était enfermée. Une blessure de plus ou du moins, on ne finit par ne plus remarquer l'infime différence.

La brise qui faisait voleter ses cheveux devint vent qui emmêla violemment ses mèches de châtain. Alors la lune aussi se moquait d'elle... Elle riait de ses brûlures. Catherine soupira. Cette nuit-là, le ciel n'avait pas fier allure, comment pouvait-elle avoir le cœur à rire ? Certes, leur apparition dans sa chaire pouvait être comique mais... On lui avait promis que tôt ou tard, tout irait bien. Elle n'avait plus l'âge de croire aux contes pour enfants, mais ces plaies lui faisaient si mal, elles étaient si vives. La jeune Bleue releva la tête vers la lune qui riait toujours de son rire de cristal. Cela rafraîchit ses brûlures, aussi malgré le froid ne voulut-elle pas rabaisser sa manche. Au moins, la réponse était claire. Je ne peux rien faire pour toi petite, je n'ai pas l'habitude de m'occuper de ça... Le soleil n'aurait pas su. L'astre nocturne continuerait de veiller sur elle impuissante face à sa douleur. Qu'aurait-elle bien pu faire de là-haut ? Son cas n'était pas urgent, une morte de plus ou de moins, il y en avait tellement pendant cette période que ça ne se voyait même pas. Alors de simples plaies comme les siennes... Mais elles refusaient de disparaître. Elles s'ancraient en elle, dans sa peau de satin blanche, barrée désormais de traces rouges intenses. Les rayons blafards de la lune les éclairaient, s'efforçant de renforcer son éclat. Les iris noisette de Catherine fixait son bras, ses doigts tâtant la blessure. Valait-il mieux s'en remettre au temps pour qu'elles disparaissent.
Quelle infortune...

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Elisabeth du Bois Vermeil

♣ Admin Eli
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MessageSujet: Re: Burns... It hurts so much. [PV Élisabeth]   Sam 26 Mar 2011 - 21:05

Une journée à Saint Cyr. Comme toutes les autres. Depuis toujours, les Hommes vivent des journées identiques les unes aux autres, qui ne changent que peut etre trois ou quatre fois dans leur vie, mais qui, après chaque changement, les enferment dans un train-train monotone. Depuis toujours, la vie de l'humanité ne connait qu'un tournant par siecle au maximum, et ce seulement lors de guerres ; quelle bonne raison ! Mais les hommes, qui se plaignent plutot souvent de l'ennui que leur vie leur fait, ne font rien contre. Et les femmes, qui se tourmentent a cause des guerres, n'agissent pas contre non plus. Tout le monde se laisse emporter par la vie, qui déroule ses jours l'un apres l'autre, sans grande distinction. Apres tout, comment pouvoir changer quoi que ce soit, puisque c'est Dieu qui décide de tout ? Puisque nous, pauvres humains, ne sommes bons qu'a s'accomoder et a obéir ? Puisque nous sommes si infiniment petits que nous sommes incapables de sortir de l'ordinaire autrement qu'en provoquant des guerres ? Apres tout, on ne va pas se suicider par ennui, si ? On n'est pas encore idiots a ce point.

Rien a faire, donc pourquoi se désespérer ?

Et on poursuit le cours de sa vie, jour apres jour, semaine apres semaine, mois apres mois. On devient insensible a ce qui nous entoure, on ne fait plus attention a rien, on ne remarque plus les petits details qui pourraient faire varier un tout petit peu notre quotidien. Jusqu'a finir par se rappeler de son passé en se rendant compte que bien des choses ont changé depuis, que l'on a bien grandi, muri, ou au contraire, rapetissé : on a passé une de ces étapes, chose rare et pas toujours plaisante. Dans la vie des pauvres, ces changements sont tout de meme plus fréquents que dans celle des riches. Meme si, a vrai dire, tout dépend. Car une fois pauvre, sans sou, sans abri, on ne peut pas vraiment changer quoi que ce soit, car on ne tombera pas plus bas mais jamais on ne cessera d'etre pauvre. Riche, au contraire, on peut toujours voir sa fortune disparaitre, surtout lorsqu'on ne fait pas attention. Mais alors, une fois cette fortune perdue, une fois cette étape passée, une fois devenu pauvre, on ne passera plus d'étapes. Les richissimes, eux non plus ne vivent pas beaucoup de changements, surtout s'ils ont une source de revenus fiables. Alors, ils ont a coup sur la vie la plus ennuyante de toutes les classes sociales, car meme étant pauvre, donc sans espoir de passage d'étape, on ne s'ennuie pas vraiment, puisque l'on doit bien gagner sa vie. Décider alors de ceux qui ont le plus de chance ? Difficile. Le meilleur serait surement d'avoir des hauts et des bas dans sa vie, de connaitre la prospérité ainsi que le travail. Mais ca, personne n'en bénéficiera jamais. Il y a beaucoup trop de différences entre les classes sociales. Si les richissimes pouvaient se passer d'une part de leur argent au profit des pauvres, peut etre que tout le monde aurait la chance d'avoir une vie confortable et intéressante ?

Mais on peut toujours rever.

Qu'il fasse beau ou qu'il fasse gris, qu'il neige ou qu'il pleuve, ces changements naturaux et météorologiques ne sont pas ceux attendus par les Hommes. Car les Hommes ont autre chose a faire, qui les distrait de la contemplation de l'humeur de Dieu. Tout le monde est toujours pressé. On dit qu'on en a marre, qu'on s'ennuie, et pourtant on se dépeche de faire ce qui nous ennuie tant. Certains n'ont pas le choix. Eli n'avait pas je choix. Eli n'a jamais le choix. Elle ne l'a jamais eu, ne l'a toujours pas, et ne l'aura jamais. Les etapes qu'elle a passées, ce n'est pas de sa propre volonté qu'elle les a passées, on l'y a obligée. Elle a toujours été obligée, a toujours du obéir. Sans avoir le choix. En fait, elle avait quand meme le choix, car "On a toujours le choix, il suffit de faire le bon", comme on dit. A l'époque, ce qu'elle croyait etre le bon choix etait de rester avec sa famille, dans le grand manoir en Alsace, malgré les traitements de son père, l'indiférence de sa mère, et la hautaineté de sa grande soeur. A vrai dire, c'était seulement son frère qui lui respectait le plus l'idée qu'elle se faisait d'une famille. Et elle se rendait compte, a l'heure qu'il était, que cette idée n'était pas tout a fait celle de tout le monde. Meme dans ses rêves, elle n'avait jamais entrevu de telles relations, qui pourtant semblaient normales a d'autres.

Elle était restée avec les membres de sa famille pendant quinze ans.

Elle avait cru que ce choix était le bon. Elle avait encaissé, elle avait supporté. Elle s'était révoltée parfois, mais comme toutes les révolutions, les siennes étaient toujours tombées a l'eau, maitrisées par une force suppérieure, inaccessible. Par ailleurs, la force avec laquelle elle était maitrisée, chaque fois, avait diminué avec le temps, et avec le changement qu'elle lui avait fait subir aussi ; apres avoir longtemps augmenté et atteint son appogée juste avant la rechute. Pourtant, Eli était restée sous son pouvoir, sous son reigne totalitaire, comme la force était dominée par d'autres forces, elle-mêmes dominées par des forces plus puissantes encore. Mais, puisque tout a ses limites, la jeune fille avait fini par changer d'opinion sur le bon choix a faire. Elle pouvait tres bien se débrouiller toute seule. Elle irait toujours mieux que si elle restait, en plus. Elle était autonome et habituée aux duretés pires que celles de la vie elle-même. Alors, que la retenait-elle encore ? Elle avait fui. C'était simple. Elle avait d'autres raisons aussi pour avoir fait ce choix. Et elle ne reviendrait plus dessus, elle ne voulait meme plus y penser... mais contrôle-t-on ses pensées ? En tout cas, elle n'y retournerait plus jamais.

A part pour se venger peut etre.

La vengeance. Qui ne reverait pas de vengeance ? Tout le monde a, une fois de sa vie, pensé a ce mot, ou, selon les cas, les raisons, les mentalités et bien d'autres facteurs, en avait été obsédé. Elle-même ne croyait pas être tombée si bas, mais elle devait avouer que la vengeance la tentait bien. Elle aurait bien voulu lui faire du mal, lui revaloir tout ce qu'il lui avait infligé. Leur revaloir ce qu'ils lui avaient infligé. Tout le monde. Son père, sa soeur, sa mere, son patron à l'auberge, le maréchal... Les détestait-elle ? Elle ne savait meme pas, a vrai dire. Elle revoyait son passé presque avec mélancolie, avec un recul dont elle même était étonnée. Pourtant, elle conservait encore des traces de leurs traitements. Aussi bien sur son corps que dans son ame. Son dos, ses cuisses étaient violacées par les coups qu'elle avait recus. Elle se retournait parfois dans son lit et alors, elle ressentait des tiraillements, sa peau se révoltaient, son sang n'en pouvait plus, son coeur était fatigé. Elle survivrait, bien sur. A son malheur, peut etre. Etait elle sure de vouloir continuer a vivre ? Alors que tout pouvait lui arriver, sauf quelque chose de bien, elle le savait ? Ne devrait elle pas plutot se dire qu'elle n'y pouvait rien et n'y pourrait jamais rien, ne devrait elle pas plutot se laisser sombrer dans la dépression, blasée ? Lassée de vivre ? Lassée de vivre une vie telle que la sienne ? Elle n'en avait pas envie, elle n'en avait pas le caractère. Peut être n'était ce qu'une question de principe, mais elle ne se résolvait que rarement à abbandonner, surtout depuis qu'elle avait fait cette premiere victoire. Continuer, alors, et sans perdre l'espoir.

Continuer même si on savait que cela n'allait pas changer grand chose, qu'on allait peut être même souffrir plus qu'avant, que ce serait épuisant ; même si on devait en mourrir, continuer.

Quoique, ce n'était pas pour bientot, de mourrir. Eli se trouvait dans le Jardin de Saint Cyr, en se moment. Tranquile, rien ne la dérangeait, elle passait ses journées à s'y promener, ou dans les couloirs, à suivre les cours... La nuit, elle ne dormait que rarement, en fait. Elle n'arrivait pas. Autant enfant, elle avait besoin de ses quelques heures de sommeil pour rattraper son énergie perdue en travaillant, autant maintenant, elle sentait qu'elle pourrait tenir des semaines sans fermer les yeux, tellement elle avait l'impression de ne rien faire. Elle avait été habituée à bosser comme un galérien, alors c'était tout à fait logique, apres tout. Des journées d'ennui qu'elle passait là, elle regrettait presque le passé. Mais maintenant, rien de bon ne l'attendait si elle retournait en arrière. On aurait pu croire qu'il n'y avait pas pire que ce qu'elle avait vécu, mais on se serait fait prendre au piège. Voila pourquoi elle préférait de loin s'ennuyer et ne pas vivre, voila pourquoi elle avait choisi cette retraite, Saint Cyr. Ce soir là, elle n'était même pas rentrée au dortoir avec les autres filles de sa classe. Elle n'était pas sure si quelqu'un l'avait remarqué. Elle était grande et tellement différente des autres que tout le monde la connaissait. Mais elle pouvait parfois se rendre tellement invisible... Autant qu'elle pouvait attirer l'attention sur elle, d'ailleurs, et ce qu'elle le veuille ou pas. Toujours était que plusieurs fois elle s'était évaporée ainsi avant de rentrer dans le dortoir, et personne n'était jamais venu la chercher, ni même ne lui avait fait la remarque le jour d'apres. Etrange. Mais elle en profitait.

Elle aimait la nuit.

Depuis toute petite, elle symbolisait pour elle la paix, le calme et la sérénité. La sécurité. Le bien. Elle s'y réfugiait, jadis. Maintenant, elle avait passé le stade de la considérer comme protectrice, mais elle lui trouvait encore toujours bien des avantages. Des choses qu'on pouvait faire, des choses qu'on pouvait voir, des choses qu'on pouvait vivre. La nuit. Comme... comme cette jeune bleue qui s'approchait, sortie de la maison sur la pointe des pieds et le vent dans les cheveux. Bon, elle avait 17 ans, mais elle ne les faisait pas vraiment. Cathy. Une bleue, elle aussi. Une bleue qui semblait toujours réfléchir a quelque chose. Comme Eli en fait. Mais différament quand meme. Plus... enfantinement ? Elles ne se connaissaient pas beaucoup. Elles avaient eu une discussion un jour. C'était aussi dans les jardins, et pendant le jour, mais un jour si sombre car pluvieux qu'on l'aurait pris pour la nuit. Sous la pluie, elles pleuraient, toutes les deux, sur ce banc en haut de la petite coline.

C'était ca qui lui avait donné l'impression qu'elle n'était qu'une gosse.

Eli s'était sentie comme sa grande soeur, c'était sur Eli que Cathy avait pleuré, c'était Eli qui l'avait caressée pendant des heures, bien que ne pouvant retenir ses propres larmes qui tombaient sur le dos trempe de la fillette. Depuis, elle avait gardé ce point de vue protecteur, ce qui causait en elle cette impression d'être plus vieille. Elle n'avait pas arreté de pleurer, et rien ne semblait s'etre arrangé depuis. Peut être cette nuit était elle la nuit ? Cathy semblait correspondre avec la lune, un lien invisible mais puissant était entre elles. La, elle tendit le bras et sembla montrer quelque chose... Qu'avait elle ? Etait-ce une infirmité dont Eli ne se serait pas rendu compte ? Puis elle baissa la tête comme decue. Ce fut ce mouvement qui réveilla en Eli a nouveau cette grande soeur protectrice, et qui la décida à la rejoindre.

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