Maison Royale de Saint Louis (Saint-Cyr)

Forum RPG au temps de Louis XVI, dans la Maison Royale de Saint Cyr à la veille de la Révolution Française.
 
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Scrounch ! "Mangez des taupes !" Souvenirs... <3 (by Hed)

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 Froid hivernal. [Pv]

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Céleste De Montmiraille

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MessageSujet: Froid hivernal. [Pv]   Jeu 10 Mar 2011 - 22:54

Saint-Cyr. Une belle école d'après les grands de ce monde où il faisait bon vivre, rajoutaient-ils dans un éclat de rire. Éclat de rire qu'aucune des colombes de Saint-Cyr n'aurait partagé et pour cause, en hiver le froid était intraitable et il rentrait dans l'école sans se soucier une seule seconde de la santé des élèves. Ou plutôt si, il s'en souciait, mais malheureusement pas dans le bon sens. L'infirmerie était bondée, chaque hiver et l'école déplorait quelques décès. C'était à chaque fois la même histoire, chaque jour était un combat contre l'humidité qui s'infiltrait à travers les murs. Dans les petites classes c'était horrible, les maitresses étaient ensevelies par le travail qu'elles effectuaient sans relâche, jour après jour, nuit après nuit. A un tel point qu'au bout d'un moment elles tombaient à leur tour malades. L'infirmerie devenait un lieu de rassemblement, toutes les colombes y mettaient les pieds, forcement, que cela soit parce qu'elles étaient malades ou parce qu'elles allaient voir leur amies couchées dans un lit, grelotante et dégoulinant à cause de la fièvre. L'hiver n'était pas une saison facile à Saint-Cyr mais, comme chaque année depuis son arrivée entre ses murs à l'âge de sept ans, Céleste savait qu'elle s'en sortirait sans être malade ou presque. Elle avait, certaines fois, le ruhme, mais jamais plus. Ses camarades avaient tendance à trouver ça curieux, comme si elle n'était pas constituée de la même façon qu'elles. Céleste savait que ce n'était pas ça, elle connaissait la raison pour laquelle elle n'était pas malade.

Chaque année, avant son arrivée à La Maison Royale de Saint Louis Céleste passait l'hiver avec sa famille dans la maison de famille qui avait l'air de ruines à côté de là où elle vivait maintenant. Mais, lors de tous ses hivers, son père l'emmenait dans les jardins pour observer les différentes fleurs qui naissaient lors de cette saison glaciaire. Enveloppée d'un manteau de fourrure beaucoup trop grand qu'elle empruntait à sa mère pour l'occasion et d'un bonnet mangé par les mites ainsi que des vieux gants ayant servi au dernier jardinière en date s'étant occupé de ce jardin Céleste frémissait, le froid s'enfonçait dans sa chair telle des lames, il faisait pleurer la petite fille qui allait alors se réfugier dans les bras de son père espérant trouver quelque chaleur humaine. Là, il lui apprenait à reconnaître les différentes espèces de fleurs en lui donnant leurs principales caractéristiques. Émerveillée mais en larme, la jeune fille écoutait avec attention et une joie non dissimulée le discours de celui qui la serrait fort contre lui. Elle était bien comme ça, bien contre lui, bien dans ses bars protecteurs malgré le froid qui la tiraillait le vent qui lui ébouriffait les cheveux.

Assise sur un banc en pierre blanche qui se trouvait au pied d'un arbre ayant perdu toutes ses feuilles Céleste, fille cadette de la fière famille des De Montmiraille se demandait ce que pouvait bien être entrain de faire son père. Sans doute à essayer de restaurer la gloire de la famille, à essayer de redevenir riche, quelque chose dans le genre. Elle n'avait pas beaucoup de nouvelles des De Montmiraille et, à vrai dire, ça ne la dérangeait pas tant que ça. Sa famille était ruinée, salie et Céleste n'appréciait pas vraiment, elle s'était jurée de restaurant la grandeur de cette famille ancestrale dont elle était membre. A n'importe quel prix! Il faut dire que Céleste était le genre de fille qui avait plus de détermination que certaines familles entières. Rien ne pouvait l'arrêter lorsqu'elle était décidée, rien ni personne d'ailleurs. Polie sans être hypocrite elle maîtrisait avec chic les principes primordiaux d'une vie en communauté, à savoir salué les autres, rester correcte avec eux et ne pas leur causer de tort. Seulement Céleste n'était pas non plus la fille qui n'avait aucun ennui. Les mots qui sortaient de sa bouche pouvaient avoir la douceur du sable mais aussi être aussi acide qu'un citron que l'on croquerait sans songer vraiment à ce que l'on faisait. C'était surprenant d'avoir le goût du citron quand on s'y attendait alors quand on le faisait sans avoir réfléchi auparavant à notre acte.. cela avait de quoi faire frémir les plus braves. Céleste était comme ça, elle ne menaçait pas, elle agissait, elle n'insultait pas, elle assassinait du regard. Mais elle n'allait pas se mettre à dos le premier venu qui ne lui avait rien fait pour autant. Si Céleste s'en prenait à quelqu'un c'est qu'il l'avait bien cherché.

Assis sur ce banc, grelotant sous sa robe légère qu'elle avait mise quelques heures auparavant ainsi qu'un simple gilet en laine blanc qui avait été conçu pour protéger les colombes du froid assassin de l'hiver Céleste était seule, la seule colombe ayant mis le pied dehors, toutes les autres étaient restés à l'intérieur se serrant les unes contre les autres pour se réchauffer. Il était bientôt l'heure de rentrer pour le repas de midi où l'on leur servirait une soupe pensant à tort que ça les aiderait à tenir l'hiver. Tout cela n'était que foutaises, Céleste le savait bien. Elle, elle aimait sentir ses lames de froid qui s'enfonçait dans sa peau, la souffrance était la seule façon de ne plus sentir le froid. De toute façon, en règle général Céleste aimait bien le froid, pas à ce point là certes mais elle aurait préféré mourir de froid que de mourir de chaud par exemple. Elle n'aimait pas sentir sa transpiration dégouliner tout le long de ses membres lui donnant l'impression d'être sale. Ses vêtements se mettaient alors à lui coller, elle avait l'impression que ça respiration lui faisait défaut et elle se tournicotait dans tous les sens espérant tant bien que mal trouver une position dans laquelle la chaleur s'en irait. Chose qui, malheureusement n'arrivait jamais. C'est pourquoi Céleste préférait largement le froid qui était à son avis beaucoup plus agréable.

Le banc lui-même sur lequel la belle bleue était assise était lui-même froid ce qui renforçait son impression qu'autour d'elle il n'y avait rien d'autre que le froid et qu'il n'y aurait jamais rien d'autre que le froid. Il était le maître dans ce pauvre jardin.
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Juliette de Rousseau

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MessageSujet: Re: Froid hivernal. [Pv]   Ven 11 Mar 2011 - 20:57

Qu'est-ce qu'il fait beau dehors, les petits oiseaux chantent... C'est mignon.
C'est toujours beau de rêver. Comme à chaque hiver depuis que Catherine était à Saint-Cyr, c'était toujours la même chose, la même mélodie, la même danse, le même air. Les arbres du jardin perdaient leur parure faite de rouge et d'or, se retrouvant nu pour passer la saison hivernal, l'herbe verte était couverte d'une fine couche blanche de gel et... Le monde mourrait, se dénudait. Cette attitude était une incompréhension si on supposait que le nature était bien faite, quand il fait froid on se couvre et quand il fait chaud eh bien... Seuls quelques perce-neiges osaient affronter la neige et les vents glaciaux, leurs frêles pétales blancs frissonnant avec courage. Hm, finalement, la nature était bien faite au niveau artistique. Ces petites fleurs blanches étaient assortis à la couverture immaculée qui tapissaient les parterres en hiver, celles roses qui recouvraient les branches des arbres s'alliaient avec tant de perfection aux divers gammes qui allaient du rouge intense au jaune blafard, les feuilles vertes d'été à la chaleur étouffante, la robe rouge et or s'enflammant au coucher du soleil... Mais tout cela s'arrêtait là. L'hiver était la saison de la mort par excellence, elle voulait défier les vies humaines, aussi le froid tranchant comme des lames s'infiltraient avec aisance dans l'école, étouffant les gorges de certaines victimes. Le plus gros problème, était que ce bâtiment avait été construit sur une humide, et pressée par la précédente directrice, les ouvriers avaient laissé les murs suinter et ainsi les maladies se transmettaient aussi rapidement que la peste. Dieu merci, cette maladie n'était plus là à présent. Néanmoins, l'infirmerie se remplissait de jours en jours, les pleurs des demoiselles qui perdaient l'une de leurs amies résonnaient dans la maison. Et le cimetière de St-Cyr se remplissait. Beaucoup de tombes, beaucoup plus que dans les précédentes maisons. En bref, tout le monde restait bien au chaud à l'intérieur... Enfin, au chaud, façon de parler. L'ambiance qui y régnait n'était pas vraiment plus chaleureuse que la grisaille, le froid et les branches noirs nus comme si elles pleuraient de dehors. Infime différence. En bref, l'hiver était une saison pourrie.

La fille toujours toute seule pendant cette saison, blasée des Colombes qui pleuraient tout le temps parce que leur amie était morte, assise sur son lit guettait le jardin de St-Cyr qui avait revêtu son manteau d'hiver. Elle n'avait pas réellement eu d'amies jusqu'à là, sauf peut-être Élisabeth, mais sinon... Cathy ne savait pas trop ce qu'était « une amie ». Une notion assez complexe en somme. Les filles de cette école était assez étrange, entre les rebelles - dont une avec sa tentative de suicide -, les arrogantes de leur rang, celles au cœur de marshmallow en mode on, il y en avait pour tous les goûts. Ou pas. Parce que de toutes, elle devait bien être la seule glandeuse heureuse. C'était un truc qui ne collait pas trop à l'ambiance, déjà d'une parce que glander était péché de paresse - il me semble -, et être heureux ici c'était un peu comme croire au Père Noël. Enfin, comme dans toutes sociétés qui sait se respecter, il y avait ceux qui en ont marre de la vie et ceux qui aiment la vie, ceux qui sont assez simples d'esprit pour être hyper content tout le temps. Cool. C'est bien joli de sourire tout le temps, juste pour voir la réaction de l'autre et de se faire lyncher la seconde d'après par les rebelles de l'école. Certes, ces Colombes-là - Colombes ? Mais elles sont souillées... - se comptaient sur les doigts, mais il y en avait quand même. La glande était-ce un style de rébellion différent ? Question qui méritait réflexion. Non, Cathy ne faisait pas partie de ces Colombes. La vie n'est pas une berceuse, on l'accorde tous, c'est un requiem... Elle faisait partie de la minorité qui se contentait de se laisser bercer par cette musique aussi sombre soit-elle... De toute façon, c'était sans importance, du moment qu'on survit... Elle n'avait pas encore succombé à la vague de décès qui était d'actualité, heureusement sinon il n'y aurait plus personne en Bleue. D'ailleurs, que faisait cette jeune fille sur le banc en marbre dans ce vent glacial avec un simple gilet en laine sur elle... ? Elle cherchait la crève ? Un sourcil relevé, la jeune fille s'emmitoufla dans une couverture et entreprit d'aller voir les perce-neiges qui grelottaient.

La température extérieur fila la chair de poule à Cathy, qui continuait d'hésiter entre rester bien au chaud dans son dortoir, ou de quand même aller voir les petites fleurs. Bon, c'est pas deux ou trois lames glacés qui vont... Oui mais non. Son visage aussi enfant qu'angélique devint bleue, ses lèvres également, ses dents claquants sous l'effet glacial. Elle peinait à mettre correctement un pied devant l'autre, ses pieds et ses mains déjà congelés. La fille qu'elle avait vu tout à l'heure était toujours là, et les petites fleurs blanches avaient les pétales qui tremblaient. Elle semblait les fixer. S'approchant, elle essaya d'afficher son petit sourire un peu stupide malgré ses claquements de dents, n'osant pas s'assoir histoire de ne pas se geler tout de suite les fesses.

- Elles sont jolies, ces petites fleurs blanches...


Remarque inutile, juste pour briser le silence de glace. Bizarre, la jeune fille ne semblait gênée par ce froid coupant, le supportant avec philosophie. C'était le principe même de la sagesse, savoir se contenter de ce que l'on avait sans se poser plus de questions que nécessaires. Cibler la philosophie de chacun était affaire assez complexe, on ne savait pas si quelqu'un pouvait réellement être simple d'esprit, ou si c'était juste un masque de comédien qu'il faudrait retirer. Hm, oui, elle se contentait de le supporter. Ou alors on en revient à la théorie de base, elle voulait attraper la crève et finir à l'infirmerie.
D'un côté la mort est préférable. C'est une liberté difficile d'accès sur Terre.

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Céleste De Montmiraille

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MessageSujet: Re: Froid hivernal. [Pv]   Sam 12 Mar 2011 - 14:08

Le froid était toujours là, toujours aussi meurtrier. Chaque second que passait Céleste dehors, seule, assise sur ce simple banc où personne n'avait du posé un de ses membres depuis que les feuilles des arbres étaient tombées, il faisait des ravages. Il devenait plus fort à chaque respiration approchant lentement de son apogée. A vrai dire, c'était un moment que Céleste attendait avec impatience. Les couloirs de Saint-Cyr seraient alors pratiquement déserts, les colombes toutes cloitrées dans l'infirmerie ou dans leur chambre et, quant à elles, les maîtresses n'auraient pas le temps pour s'occuper d'une de leur plus ancienne élève. Ça avait un petit goût de liberté aux yeux de la bleue qui n'en manquait pas une pour savourer le goût de la vie. Elle ne tenait pas à partir de cette école ni à vivre en cavale parmi les gens du peuple, loin de là, elle aimait juste pouvoir se balader librement dans les couloirs de cette école sans être obligée de marcher du côté droit ou de prendre le couloir de gauche parce qu'il menait directement au dortoir contrairement à celui du milieu avec lequel on faisait un détour. C'était l'absence de choix que n'aimait pas Céleste parce qu'elle savait que, une fois hors de la Maison Royale de Saint Louis toutes les colombes allaient être un jour ou l'autre confronté à un choix et il leur faudrait trancher et elles seraient bien en mal de choisir la bonne réponse. Céleste, elle s'obligeait à choisir, chaque jour, que ça soit quelle robe, comment elle allait se coiffer ou si elle passait du temps dehors ou dedans elle choisissait. Elle ne se laissait pas traîner comme une vulgaire poupée par les autres colombes qui étaient elles-mêmes trainées par leur maîtresse. De quoi devenir fou.

Après l'apogée du froid, à la fin de la suprématie de son règne, il allait finir par disparaître petit à petit jusqu'à l'arrivée de la chaleur que Céleste n'aimait pas et le début du printemps. Les fleurs allaient s'ouvrir, le soleil allait briller dans le ciel bleu, les animaux faire un bruit incroyable qui allait empêcher les colombes de dormir pendant plusieurs nuits et pour finir les couloirs de Saint-Cyr se remplirait des nouvelles colombes et de revenantes qui avaient tant bien que mal échappé à la maladie durant l'hiver. Seulement ce temps là n'était pas encore arrivé et il fallait mieux ne pas y penser. Le retour à la réalité froide et humide pouvait être violente lorsqu'on s'imaginait marchant dans l'herbe verte au milieu des fleurs qui s'ouvraient. En parlant de fleurs, Céleste apercevait de là où elle était assise les petites perces-neiges qui luttaient tant bien que mal dans le vent glaciale qui avait élu domicile dans la jardin de Saint-Cyr. Ces fleurs blanches avaient l'air de souffrir de la température environnante et si Céleste n'avait pas été si mal en point elle serait surement allait les observer de plus près pour leur fournir un peu de chaleur humaine. C'était le moins qu'elle puisse faire, elles qui se battaient chaque seconde pour ne pas dépérir et pour donner un peu de beauté à ce paysage aussi désert que blanc.

Au bon de quelque instant Céleste entendit des bruits de pas, légers qui se dirigeaient vers elle. La bleue ne bougea pas, son corps resta face aux fleurs blanches comme si elle n'entendait pas l'arrivée de l'autre élève. Savoir qui c'était Céleste s'en fichait un peu à vrai dire, tant qu'elle n'était pas là pour lui chercher noise ça lui allait, elle ne tenait pas juste pas à se lancer dans une broutille dans ce froid omniprésent. Lorsque la colombe arriva au niveau de Céleste elle glissa un regard sur la nouvelle venue. Elle ne la connaissait pas bien -même pas du tout, mais c'était une de ses camarades de dortoir. Catherine, quelque chose comme ça. Les deux filles n'avaient jamais discuté dans leur grand dortoir parce que Catherine n'avait pas l'air beaucoup plus bavarde que Céleste. Que faisait-elle ici? Emmitouflée dans sa couverture elle allait prendre froid se dit Céleste. Plus jeune qu'elle d'un ou deux ans Catherine n'avait pas l'air d'être d'une santé de fer aux yeux de Céleste qui ne tenait pas à devoir l'amener en vitesse à l'infirmerie parce qu'elle ne supportait pas le froid.

-Elles sont jolies, ces petites fleurs blanches...

Céleste sourit, elle était tout à fait d'accord avec sa camarade de dortoir. Et, plus qu'être belles, elles incarnaient à lutte, la force et surtout la victoire. Comme quoi des simples Perces-neiges pouvaient très bien survivre dans un climat digne du pôle Nord. Comme quoi, quelque chose de simple, de petit pouvait très bien faire face et remporter une victoire face à immensité de certains évènements, de certains phénomènes naturels. Une preuve que la loi du plus fort n'existait pas or ce n'était pas rien pour Céleste qui avait vu cette fameuse loi provoquée des massacres les uns plus horribles que les autres dans les villages où le plus fort devenait le chef. Céleste plaignait sincèrement les habitants de ses villages et elle était bien contente, pour le coup, de vivre à Saint-Cyr où ce n'était pas la loi du plus fort mais la loi du plus titré ce qui était tout de même bien mieux.

Le roi menait la danse se proclamant même envoyé de Dieu, ensuite suivaient les membres de sa familles et la Haute-Noblesse. Heureusement pour elle, Céleste en faisait partie seulement sa famille n'était plus bien vu à la cours étant donné qu'elle était ruinée et que son père avait échoué dans une mission «secrète» demandé par le roi en personne. Céleste était arrivée à Saint-Cyr à cause de cet échec, de la ruine des De Montmiraille et grâce à la persévérance de sa mère pour qu'elle soit acceptée à la Maison Royale de Saint Louis. Elle avait réussit d'ailleurs, après de nombreux efforts et de multiples demandes Céleste se trouvait ici, à Saint-Cyr.

-Certes, mais elles représentent surtout beaucoup de choses.

Et si ces fleurs pouvaient survivre dans ce froid, pourquoi pas elle? Céleste n'était pas plus faible qu'une de leurs tiges ou plus fragile qu'un de ses pétales blancs. Mais elle n'aurait tout de même pas tenté l'expérience, il y avait toujours le cas où ça ne marcherait pas.
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Juliette de Rousseau

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MessageSujet: Re: Froid hivernal. [Pv]   Jeu 17 Mar 2011 - 2:18

Le corps frêle de Catherine frissonnait au gré du vent glacial d'hiver. Les petits pétales immaculés tremblaient, leur tige supportant tant bien que mal leur poids. Ces petites fleurs étaient si petites, si belles, si purs, si fragiles... Le paysage blanc et mort qu'était le jardin de Saint-Cyr à cette époque de l'année semblait vide et définitivement inhabitable, étant donné les intempéries. Pourtant, les perce-neiges tenaient le coup, elles étaient le seul symbole de vie sur Terre pendant cette saison. Quoi qu'il arrive, elles étaient là, fidèles à leur poste. Et au gré du vent, elles riaient... Elles riaient, elles se moquaient de ces humains qui les sous-estimaient. Ce devait effectivement être amusant, tandis qu'elles survivaient, les Colombes y passaient, se laissant emporter par la vague de décès. Mais malgré tous les défauts de l'hiver, n'était-elle pas une belle saison ? Le manteau que revêtait la nature était si élégant, son tapis de velours blanc si doux, le soleil dans son trône d'azur qui le faisait étinceler comme des milliers de petits diamants ? Puis le profond silence aussi mélodieux qu'un violon... Les pertes humaines paraissent si insignifiantes à côté de cette beauté, plus important était d'en profiter, et puis, mourir, n'était-ce pas un cadeau ? Sur Terre, il fallait prier jour après jour, lutter contre cet éternel combat qu'est la vie. Forcément, la mort tentait sa chance pendant les moments de faiblesse. Mais cette lutte ne s'arrêtait pas à la souffrance physique, cela allait bien au-delà, jusqu'à la souffrance psychologique. Excepté quelques imbéciles simples d'esprit, cette souffrance fait tellement plus de ravages qu'une plaie superficielle... Que signifiait une épée dans un cœur déjà en lambeaux ? Juste la fin de cette douleur aigüe, être libéré du malheur d'être née un jour... Mais bon, celui qui a vraiment mal est bien celui qui reste.

« Certes, mais elles représentent surtout beaucoup de choses. »

Plus que cela... Elles luttaient, prenant le risque de sortir à l'apogée de l'hiver glaciale, lorsque tout était plus difficile. Un courage des plus admirables... Catherine esquissa un petit sourire en pensant aux chevaliers de Sa Majesté et leurs petits airs hautains. De quoi pouvaient-ils bien se vanter ? Ils n'étaient que des machines engagées pour les guerres... Pour tuer en fait. Petite, elle avait déjà eu l'occasion de voir une fois la façon dont certains partisans de Luther avaient été traités, et c'était loin d'être beau à voir. La cour de France était un endroit bien hostile, les décisions du Roi bien meurtrières dans ces cas-là. La philosophie humaine est si compliquée, comprendre leurs gestes relevaient de l'expertise. Seul Dieu savait, si tant est qu'il existe. La jeune fille leva les yeux sur le ciel de perle. Le Roi se proclamait bien comme son envoyé, mais si c'était vrai, ne serait-il pas bon ? Bon, comme dans les passages de la Bible qu'on leur fourrait dans la tête dès leur plus jeune âge ? Confirmation, la philosophie humaine était bien compliquée, et telle était la vie à cette époque, et telle elle sera plus tard. Succomber... Enfin libre.

Non... C'était lâche de s'y prendre ainsi, c'était annonce sa défaite face à la mort. Le pour et le contre. L'homme était assez lâche pour préférer mourir plutôt que de continuer à courir en sautant les obstacles et finir par tracer un trait sur ses douleurs. Ces petits perce-neiges aussi frêles que purs, symbolisaient effectivement tant de choses... Catherine lança un coup d'œil à la fille assise sur le banc, qui était dans la même classe qu'elle, mais qui paraissait plus âgée de deux ou trois ans pas plus. La façon dont elle lui avait répondu était si élégante, une phrase simple et courte. Son ton neutre était claire, son désir n'était pas de parler, ou d'être importuné. C'est pourquoi elle devait être là, à observer ces fleurs symboliques, personne ne sortait pour glander dehors à cette période de l'année. Tranquillité garantie. Le jardin était agréable tout le reste du temps, mais pas en hiver. Pourtant, plonger son regard dans ces petits pétales blancs rimait avec évasion. Une autre façon de les regarder, en même temps, c'était la seule végétation du parc. Mais... Elles étaient toutes trop occupées avec leurs amies qui mourraient...

- C'est bien ça qui fait toute leur beauté...


C'était leurs symboles qui faisaient toute la beauté de ces fleurs. C'était au-delà de leur beauté physique, chose si superficielle par rapport à ce qu'elle représentait à l'échelle du monde. Un pétale de révolte sur une tige frêle. Elle s'opposait à ce qu'avait décidé Dame Nature en tuant toutes les plantes... Est-ce que cela voulait-il dire qu'il y avait une once d'espoir sur la liberté du peuple français un jour ? Car oui, si des jeunes filles étaient ici, c'était parce que leur père aussi noble soit-il, est ruiné ou mort. Et à cause de qui ? Du Roi, du dirigeant, du pion maître. Si son père n'était pas mort, Catherine serait chez elle. Et Céleste aussi. Lutte, petit perce-neige. Ne te fais pas écraser par le poids lourd de la mort qui devrait t'emporter avec les autres fleurs... C'était bien la difficulté actuelle, tout le monde se pliait en deux face à la pression exercée sur eux. Mais si leur tige qui pouvait se briser aussi facilement qu'une allumette tenait, pourquoi le peuple restait-il « neutre » ? Philosophie si compliquée... Que dirais-tu petit perce-neige si tu pouvais parler ?

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Céleste De Montmiraille

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MessageSujet: Re: Froid hivernal. [Pv]   Dim 3 Avr 2011 - 13:29

Si on avait dit à Céleste, qu'un jour elle trouverait une autre personne à Saint-Cyr qui était passionnée de fleures elle n'y aurait pas cru. Les gens, dans cet endroit, étaient beaucoup trop superficiels et attachés à leur image pour ça. C'était navrant, vraiment surtout que l'école se prétendait contre tous ses principes et voulait que lesdites colombes deviennent -plus ou moins- des femmes biens. Foutaises! Céleste n'y croyait pas plus que si on lui avait dit que le monde était beau et que tous les hommes étaient des gentils, c'était dire. Bien que Céleste soit le genre de filles plutôt septiques, même très septiques. Elle ne croyait en rien à part en elle-même. La religion catholique? Oui mais non. Elle y croyait mais elle n'était pas une fanatique pour autant. Ce qui était une différence de taille pour la jeune femme. Elle savait que des gens s'entretuaient pour ça, que des hommes étaient torturés au nom de la religion. Le cousin de son père -si sa mémoire ne lui jouait pas un mauvais tour- avait été considéré comme une hérétique. Pourquoi? Elle ne l'avait jamais su et encore moins compris. A l'époque elle avait deux ans, elle ne se rappelait pas de beaucoup de choses, juste du visage de son père qui avait l'air détruit. Comme si c'était lui qui avait été condamné. Une question était restée dans l'esprit de la petite Céleste de l'époque : Pourquoi? Au nom de quelle religion qui prêchait le partage condamnait-on des gens juste parce qu'ils n'avaient pas le même dogme? Ou pire, parce qu'on les soupçonnait de ne pas avoir le même dogme, ils n'avaient aucune preuve pourtant ça ne les empêchait pas de les tuer, ses hommes suspects.

Céleste leva les yeux vers son interlocutrice en se demandant ce que, elle, elle en aurait pensé. Voyait-elle tous les actes de l'Église comme juste? Céleste savait qu'elle ne lui poserait pas la question, si jamais cette jeune fille se révélait être une fervente pratiquante elle verrait sa question d'un mauvais œil et Céleste ne tenait pas à avoir de problèmes. Enfin, pas de problèmes importants des petits insignifiants il y en avait toujours de toute façon. Ce n'était pas comme si on pouvait les éviter ou leur demander d'aller voir ailleurs si on y était. La vie serait bien plus facile si c'était le cas peut-être même trop. Mais cela, Céleste ne voulait pas le savoir la vie elle était comme elle était de toute façon. Avec des erreurs et ses bonheurs; c'est ce qui faisait son charme. La vie était une rose, avec ses épines et, lorsqu'on arrivait à sa fin, on avait alors l'immense honneur d'apercevoir la rose qui s'ouvrait jusqu'à devenir de plus en plus belle. Plus on approchait du terme de sa vie plus elle nous semblait belle. C'est surement pourquoi l'enfance et l'adolescence sont les deux périodes de la vie les plus ingrates et que Céleste souffrait en compagnie des plus jeunes qui voyaient la vie en noir. Une question se posait alors? La jeune fille assise à côté d'elle était-elle sortie de l'adolescence ou voyait-elle la vie avec autant d'horreur? Céleste espérait que non.

-C'est bien ça qui fait toute leur beauté..

Sur ce point Céleste ne pouvait être que d'accord. Enfin, pas tout à fait. Elles étaient belles même sans leur force, leur courage et leur persévérance mais ça l'accentuait et pas qu'un peu. La fleur n'aurait pas eu autant d'éclat si elle s'était trouvée dans une serre à l'abri du vent et du froid. Quelque chose aurait été malheureusement perdu. Une fleur, de toute façon, n'était belle que lorsqu'elle était dans son élèment naturel entouré de multiples complications qui la faisaient briller encore plus fort. Par exemple, il fallait dire que cette fleur était bien plus courageuse que nombre des colombes de Saint-Cyr qui n'osaient pas mettre le pied dehors de peur d'attraper un rhume. Elles n'avaient, certes, pas tout à fait tort mais elles ne savaient pas ce qu'elles manquaient. C'était toujours dans ces moments-là que l'on voyait les plus belles choses.

-Toute? Non.

La voix de Céleste était ferme et chantante. On avait l'impression qu'elle énonçait une vérité générale tant elle disait ça avec logique. Certes ce n'était pas la réponse la plus polie qu'elle aurait pu faire mais si sa jeune camarade aimait le froid et les fleurs elle n'allait surement pas s'en formaliser du moins Céleste l'espérait. Au pire, elle n'allait pas en faire tout un gâteau, après tout si l'autre bleue n'était pas contente elle n'avait qu'à aller autre part, Céleste n'étant ni la fille la plus sociable ni la plus associable de Saint-Cyr elle devrait trouver des personnes avec qui elle s'entendrait mieux, si elle n'en avait pas déjà trouvé.

-Tu es?

C'était bien sympa de discuter mais lorsqu'on ne connaissait pas le nom de son interlocuteur ça e devenait gênant. Céleste connaissait les usages et elle savait que se présenter en faisait parti. Pour son plus grand malheur.
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Juliette de Rousseau

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MessageSujet: Re: Froid hivernal. [Pv]   Mer 6 Avr 2011 - 18:03

Un vent glacial digne d'une journée hivernale vint balayer le jardin de Saint-Cyr, mordant le visage de Catherine, tentant d'emporter un pétale blanc qui semblait décidé à s'accrocher. Elle grelottait, son corps tentant tant bien que mal de lui redonner une once de chaleur, s'emmitouflant dans la couverture qu'elle avait sur elle. Les autres Colombes qui peuplaient cette école n'était pas si bête que ça en préférant rester à l'intérieur, bien au chaud... Au chaud dans leur petit cocon éduqué, en réalité, les raisons étaient plus complexes que la simple température. La mode actuel mettait l'accent sur le teint pâle de la peau, les morsures de la bise faisant apparaître des filets rouges sur les joues de la jeune fille. Ses dents continuaient de s'entrechoquer, cependant l'envie de rester dehors était des plus tentantes. Personne n'osait s'aventurer dehors à cette période de l'année, plongeant le parc dans un silence de mort qui semblait impossible à briser. Les iris noisette illuminés de vie s'aventurèrent plus en profondeur dans la philosophie de ces petites fleurs, retenant leurs larmes face aux souffrances qu'elle pouvait bien endurer. Elle gardait son opinion, elles étaient des plus admirables. Que Catherine trouve quelqu'un d'autre pour éprouver ce plaisir était une chance infime... Mais en réalité, la jeune fille l'avait rejointe car elle était seule, bien que si elle se fut trouvée là, c'était pour cette raison, goûter pleinement de la solitude que procurait la pelouse glacée. Assez cynique comme envie, mais Cathy ne pouvait que la respecter, face aux autres qui peuplaient son dortoir. Dans tout ce troupeau de jeunes filles, il y en avait toujours une petite poignée pour se détacher des autres, et la Bleue plus âgée entrait dans cette poignée. C'était juste une question de mentalité.

« Toute ? Non. »

Le regard de l'autre Colombe pesait sur elle, Catherine l'avait senti sans broncher outre mesure. Plongeant ses iris noisette dans les siens, ses lèvres se fendirent, affichant un sourire amicale. Un filet de sang se forma à leurs commissures, les gerçures étant presque inévitables. Elle s'empressa de presser sa main, l'essuyant, supportant très peu le goût de la ferraille. Mais elle s'attendait presque à ce ton ferme et tranchant, tout en transportant avec lui ce délicieux air chantant, notes joviales qui s'empressèrent de mourir dans le vent. Elle semblait si sûre d'elle lorsqu'elle parlait, d'une façon si simple, sans énoncer de grandes tirades, effet très chic. Et elle avait bien raison, inutile de s'encombrer de choses inutiles, ni s'exprimer toujours de façon très polie. Pour en revenir à sa déclaration, Catherine ne réagit pas tout de suite, regardant une dernière fois la tige tremblotante, soutenant le poids des pétales. Elle s'attendait presque à sa réponse, bien qu'elle troublait légèrement la jeune fille. Mais pourtant, il n'y avait pas de quoi. Elle ne pouvait pas nier que le fait de ne pas chercher à les comprendre suffisait pour dire qu'elles étaient malgré tout, très belles. Blanches, mignonnes. Mêler beauté physique et psychologique n'était pas chose facile, mais elles y arrivaient, elles tenaient plutôt bien la route. Pourtant, pour la jeune Cathy, quelqu'un de beau ne pouvait l'être si il était mauvais, le principe de la beauté se basant sur le fait de leur symbolique. Cette notion restait des plus subjectives, aussi accepta-t-elle avec un sourire la remarque de sa camarade. Bizarre qu'elle ne l'ait pas remarquée plus tôt, bien que leur conversation se résumait à quelques répliques de temps à autres, sa présence était loin d'être désagréable, ne semblant pas très bavarde. Tant mieux, mais si elle tel était son cas, elle ne serait pas ici à se geler les fesses sur un banc... Gelé. Catherine pouvait exprimer son avis sans attendre aucun signe d'agressivité de son aînée, son sourire s'allongea, battant une fois des cils. L'air lui brûlait littéralement la gorge.

- La beauté de quelque chose ou de quelqu'un est subjective. Je me disais que leur symbolique ne pouvait égaler leur beauté physique. Même si c'est vrai qu'elles sont vraiment jolies...


Elle rabâchait, c'était la première parole qu'elle avait lancé en arrivant ici. C'était rare qu'elle sorte un truc vraiment sensée, donc de toute façon, si l'autre n'était pas contente, bah... Cathy ne cherchait pas spécialement de la compagnie. Ce devait aussi être le sentiment de sa camarade, personne ne l'avait invitée. À ce qu'elle sache, la liberté de gestes n'était que partiellement prohibé. De paroles par contre, oui. Une chose bien dommage, des jeunes filles réduites au silence finissaient malheureuses dans l'ombre... Ce genre de valeur inculqués était un réel gâchis, parce que même si on n'a rien à dire... Eh bien, on a quand même quelque à dire, à ajouter. Non, le but est de se la fermer une fois pour toute et laisser les adultes les tenir par la main en les guidant de pieds fermes vers l'ignorance. Théorie intéressante, on se croirait à l'Église. Et quand on nous lâche la main, on fait comment ? Bon, quand on veut, il suffit d'un peu de bon sens pour retrouver son équilibre, après avoir tant vacillé.

« Tu es ? »


Catherine esquissa un délicat sourire, de nouveau, plongeant ses iris noisette dans le regard indéchiffrable de la Bleue. Elle avait bien raison, c'était sympa de discuter avec quelqu'un dont seul le visage nous est connu, mais c'est assez étrange de n'avoir aucun nom à placer dessus. C'était... troublant. La moindre des politesses était bien de se présenter. Mais au diable l'Étiquette parfois. Inutile d'en faire tout un plat, il suffisait de donner son prénom.

- Catherine. Toi ?
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Céleste De Montmiraille

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MessageSujet: Re: Froid hivernal. [Pv]   Mar 19 Avr 2011 - 19:14

Le froid se faisait de plus en plus fort, de plus en plus présent. Les longs doigts fins de Céleste tremblaient légèrement et elle n'était pas sûre d'arriver encore à la bouger si elle le souhaitait. Ensuite, il grimpait tel une araignée sur le bras de la bleue qui n'opposait aucune résistance contre cette invasion. Sous les quelques tissus qui la protégeaient contre la température ambiante sa peau était ferme, tendue prête à recevoir chaque courant d'air frais. Elle le recevait d'ailleurs bien qu'elle n'aurait pas dis non à un moment de répit. Seulement les conditions météorologique de cette journée étaient de pire en pire. Ce calvaire allait-il seulement cesser un jour? Au fond, il n'y avait besoin de beaucoup, il aurait juste suffit que Céleste se lève et qu'elle emporte avec elle son corps dans la chaleur des bâtiments de la maison royale de Saint-Louis. Seulement voilà, rien n'est toujours aussi simple qu'on le voudrait et Céleste ne comptait pas bouger du banc où elle était assise à contempler ces fleurs. Si blanches, si belles, si pures, si fortes.

La neige était blanche, les colombes étaient blanches, les dents étaient blanches -quoi que..-, et le regard des enfants était blanc de pureté. La petite fleure si fragile était-elle une enfant? Une plante pouvait-elle avoir l'insouciante de l'enfance? Céleste aurait dit que oui, la preuve elle l'avait devant les yeux. Cette fleur, cette unique fleur puait -on pouvait le dire- l'innocence. Une innocence telle que personne, pas même un bébé sortant du ventre de sa mère, ne pourrait jamais atteindre. Et elle les narguait ses bébés, elle qui ne vivrait pas un an, elle les narguait. Au fond, elle était jalouse parce que, aussi pure qu'elle soit, il y avait des multiples choses qu'elle ne connaîtrait pas. Comme le plaisir que procure la vengeance. Cette force remplie de haine et d'amour qui maintenait n'importe qui à la vie. N'importe qui, que cela soit le pire des démon ou la personne la plus innocente qu'il soit. Alors cette fleur elle pouvait avoir toutes les qualités qu'elle voulait, elle ne connaîtrait jamais ce goût qui, une fois qu'il était rentré dans votre corps, n'en ressortait jamais. C'était à ses risques et périls. Certains disaient que ça ne valait pas le coup et qu'il fallait être fou ou complètement désespéré pour en arriver à de tels extrémités. Céleste n'était pas d'accord, il fallait juste souffrir ou, pire, voir quelqu'un souffrir. Entrevoir à quel point la vie pouvait être dure. Alors là, on n'hésitait plus, on y allait, en courant si on avait assez de bravoure pour le faire. Après tout, on avait le choix, on faisait ce que l'on voulait, rien de plus et rien de moins.

A côté de Céleste la jeune bleue souffrait, c'était visible. Un léger saignement était apparu sur ses lèvres lorsqu'elle avait sourit. Pourtant, ce n'était pas un sourire triste. Heureusement pour elle elle ne s'en formalisa pas plus que ça Céleste n'aurait pas aimé l'entendre geindre pendant vingt minutes sous prétexte qu'elle s'était fait mal, ce n'était pas une raison et sa blessure n'était de loin pas suffisant pour qu'elle ait de quoi en pâtir.

-La beauté de quelque chose ou de quelqu'un est subjective. Je me disais que leur symbolique ne pouvait égaler leur beauté physique. Même si c'est vrai qu'elles sont vraiment jolies..

Céleste hocha la tête en accord avec sa camarade. Heureusement d'ailleurs se disait qu'elle. Si tout le monde avait la même notion de beauté...que le monde serait fade. Et tous ceux qui ne rentraient pas dans cette notion n'auraient alors aucune chance d'avenir. Céleste ne pouvait même pas imaginer ce qu'ils ressentiraient, savoir que l'on était considéré comme laid par toute la population, qu'il n'y aurait pas une seule personne qui penserait différemment. La vie ressemblerait alors à un enfer puisque, malheureusement, la beauté physique avait une importance capitale dans la société dans laquelle les deux jeunes filles vivaient. Quoi que, si on était laid et titré ça passait, mais ni titré ni beau le résultat était catastrophique. La vie d'une personne dans un tel cas était finie avant même d'avoir commencée. Dommage pour elle mais Céleste avait la chance d'être belle et titrée -bien que ruinée- du coup ce problème ne la concernait pas. Or ce n'était pas dans ses habitues de faire attentions aux soucis des autres, la vie n'était belle pour personne que cela soit pour elle ou n'importe quelle autre jeune fille Française.

-La beauté physique, ce n'est peut-être pas la chose la plus profonde mais c'est ce qui nous saute aux yeux dès le premier regard.

Malheureusement aurait bien ajouté Céleste mais pour une fois, elle se tut, se contentant de plonger son regard dans celui de son interlocutrice qui souriait légèrement. Qu'adviendrait-il d'elles si une maîtresse décidait d'arriver à l'improviste en leur disant de rentrer comme quoi elles allaient prendre froid? Céleste aurait-elle choisi de rentrer? Pourquoi pas? Tout son corps le réclamait, tout le contraire de son âme qui la suppliait de profiter de ce spectacle. Un spectacle qu'elle ne pourrait malheureusement pas voir tous les jours.

-Catherine. Toi?

Ce fut au tour de Céleste de sourire. Pas de gros discours, même pas de nom de famille, ni d'âge et encore moins de titre. Juste un prénom, simplement ça et, à vrai dire, ça lui suffisait largement. Cette Catherine avait compris le sens de sa question, le sens de la vie presque. Curieusement, Céleste était sûre qu'elles allaient bien s'entendre.

-Céleste.

C et C, quelle ironie.
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Juliette de Rousseau

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MessageSujet: Re: Froid hivernal. [Pv]   Mar 26 Avr 2011 - 13:00


Castle in the Sky - Music Box

Le temps passait, les aiguilles tournaient sans crier. Et le ciel s'assombrissait de plus en plus, prêt à revêtir sa parure d'encre cachée par les nuages gris. La température chutait, l'air devenant difficile à respirer, aussi froid que des lames qui lui déchiraient la gorge à chaque goulée. La fine couverture qui enveloppait le corps de Catherine ne représentait qu'un maigre obstacle pour cette bise mordante, des frissons la secouant légèrement, s'efforçant de la réchauffer outre mesure. Ses lèvres gercées étaient recouvertes d'un fin film sanglant, comme si des épines s'y enfonçaient doucement pour faire durer la douleur. L'hiver était une saison physiquement difficilement supportable, pour ces conditions météorologiques et puis tout simplement la condition humaine. C'était bien pendant l'hiver bleuté que la nature rappelait aux humains qu'ils ne la dompteraient jamais, qu'elle était bien au-dessus d'eux, qu'elle avait le pouvoir de leur arracher leur dernier soupir quand elle le voulait. L'homme ne serait jamais au-dessus. C'était bien triste de l'utiliser ce mot « jamais ». Mais telle était la vérité. Ils ne valaient pas mieux que les animaux, comme ils le pensaient. Pas mieux que les fleurs. Alors ici était l'éternelle question : pourquoi les avait-on créés ? Trop d'orgueil s'enfermait en lui. Et le pire, c'est qu'il refusait d'avouer sa faiblesse. Telle était l'espèce humaine. Catherine était faible, elle avait mal, mal de partout. Rester dehors la blessait. Elle n'avait pas les conditions physiques de ces petits perce-neiges. Eux résistaient au vent et aux températures. Pas elle.

C'était une chose qui était amusante, avec les humains. Heureusement d'ailleurs. Sinon ils seraient tous morts de désespoir depuis longtemps. Même dans les moments aussi noirs et douloureux, une toute petite flamme vivait encore pour illuminer les ténèbres. Perçant le froid et l'obscurité, une faible once de chaleur, braise dansante et rougeoyante. Rien que ça, ça suffisait pour vivre encore un petit peu. Du moment que l'on n'était pas dans le noir complet, il y avait encore un espoir. Un petit quelque chose qui nous pousse à avancer, à finir ce que l'on a entreprit. Déterminer clairement ce sentiment était assez difficile, mais elle était bien là, cette petite flamme. Aussi faible soit la lueur qu'elle produisait. C'est sûrement pour cette raison que Cathy demeurait ici, que les petites fleurs aux pétales immaculées résistaient, que l'autre Bleue ne daignait bouger. Même si les températures étaient glaciales, la bise mordante, le ciel obscurcit par les nuages, la nature n'arriverait pas à éteindre cette petite bougie. Elle n'avait pas encore ce pouvoir. Elle ne l'aurait jamais, pour une fois, ils la dominaient. Juste de ce point de vue. L'espoir fait vraiment vivre. Le mince filet laiteux qui perçait le dôme de velours nocturne, l'éclaircit par temps de pluie. C'était ceci qui animait les perce-neiges, sans doute. Sinon quoi d'autre ? Le désir de vengeance, d'avoir éteint tout végétal parce que la mort devait toucher tout le monde ? Leur parure immaculée dégageait trop de pureté pour qu'elles aient cette idée. On ne le saura sûrement jamais. Elles renaîtraient en hiver comme chaque année, pendant des siècles et des siècles, mais leur secret devait rester un mystère. Leur incompréhension devait rester voulue. Ses lèvres restaient légèrement fendues, clignant des yeux, son regard les couvant.

« La beauté physique, ce n'est peut-être pas la chose la plus profonde mais c'est ce qui nous saute aux yeux dès le premier regard. »

Détournant légèrement son regard, Catherine voyait Céleste hocher de la tête, acquiesçant puis reprenant. Un instant, ses lèvres restaient entrouvertes, puis se refermèrent. Voulant ajouter quelque chose peut-être. Ses dernières paroles flottèrent avant d'aller se mourir dans le vent. Elle avait vraiment un délicat timbre de soprano. Resserrant sa couverture, Cathy sentit le regard de la Bleue fouiller dans ses iris noisette, se laissant faire. Les yeux en exprimaient tellement plus que la parole qu'un simple coup d'œil en disait plus long qu'un mot. Elle n'admettait aucune opposition, de toute façon elle avait bien deviné que celle-ci n'était une imbécile, sinon elle ne serait pas là. Impressionnée, Catherine la fixait en se questionnant de la façon dont elle faisait pour résister aux températures, ne serait-ce qu'un léger frisson n'osait parcourir son corps. Au fond, elle devait être dévorée, mais son âme brillait assez pour rester encore dehors.

- Certes. Nous ne nous sommes pas tous gâtés. Aussi est-ce une barrière.


Un gros problème en réalité. Quand on voyait une personne laide, rare étaient les gens qui voulait l'approcher, même si intérieurement, elle était magnifique. Avant de se lancer dans ce décortiquage, il fallait bien approcher physiquement. Encore, si cette personne était riche, ce qui était souvent le cas de ces vieux comtes et marquis ils étaient tous convoités mais... Oui. Nous ne démarrions pas tous sur un pied d'égalité. Certains devaient se battre, d'autres pouvaient laisser la vie les bercer au gré des notes. Mais même avec toute la volonté de faire que nous pourrions avoir, on finit bien par s'épuiser un jour et baisser les armes. Et ça, personne ne pouvait y échapper. Toute chose avait une fin. On est nés pour courir. On finit bien par s'essouffler un jour.

« Céleste. »

Céleste sourit. Un sourire jovial qui éclairait son visage au teint de porcelaine. Elle devait avoir deux ans d'écart avec Catherine, et contrairement aux autres Bleues, elle lui parlait d'égale à égale, comme si l'âge ne faisait pas tout. Trouver des Colombes comme ça était encore difficile, puisque beaucoup considéraient que l'âge faisait la sagesse. Si seulement c'était vrai... La France était décidément douée en ce qui concernait les exceptions. Catherine sourit à son interlocutrice, faisant de nouveau saigner les commissures de ses lèvres.

- Enchantée.

Oui, Catherine était bien enchantée de tomber sur une personne telle que Céleste.

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Céleste De Montmiraille

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MessageSujet: Re: Froid hivernal. [Pv]   Lun 2 Mai 2011 - 20:16

Graver chaque seconde dans sa mémoire, ne jamais oublier un visage, ne remémorer tous les jours les plus infimes détails du passé sans en perdre une miette, pouvoir se délecter d'un souvenir précis sans avoir à le chercher pendant de longues minutes voilà ce que voulait Céleste. Juste ça, elle ne demandait pas la lune, juste pouvoir y croire, avoir le loisir d'être elle-même quand elle le souhaitait et ce, entièrement. Lorsque la mémoire faisait défaut il était dur de suivre ses propres commandements, ce que l'on avait décidé de faire. A vrai dire, c'était même impossible. On était alors obligé de se forger une autre personnalité, jour après jour jusqu'au moment où elle disparaitrait elle aussi dans les abîmes de la mémoire comme on tombe dans un crevasse qui n'avait pas de fond. Tomber, toujours un peu plus loin, voir la lumière du jour s'affaiblir, voir le monde devenir plus petit, sentir les caresses du vents contre ses joues et être là lorsqu'elles se transforment en de magistrales claques. Ne pas pouvoir lutter contre tout cela et tomber. Abandonner tous espoirs de retour, de renouveau. Et pour finir se heurter avec douleur au sol froid et dur. Perdre connaissance et rouvrir les yeux sans se connaître, sans connaître l'endroit où nous sommes. C'était ça que Céleste ne voulait pas. Savoir ce qui allait se passer et ne pas pouvoir l'en empêcher c'est pourquoi, chaque jour, elle se battait pour réunir le plus de souvenirs possibles, de sensations passées, de sentiments finis, d'espoirs morts. Tout ce qui lui appartenait.

Appartenir, un mot fort, un mot ridicule. On se battait pour ça, pour que quelque chose nous appartienne, ou comme quoi elle nous appartenait. Tout cela était stupide, chaque chose n'appartenait à personne d'autre qu'à elle-même. Cette petite fleure qui suscitait tant de réflexion, et bien elle n'appartenait ni à Saint-Cyr, ni à la directrice, ni à Catherine, ni à Céleste, elle n'appartenait même pas à la terre dans laquelle elle avait ses racines. Non, elle était son propre maître, elle avait le droit de vie et de mort sur elle. Comme chaque personne, chaque être vivant que cela soit une plante, un animal ou un homme. Ils se battaient d'ailleurs, ses derniers, pour avoir ce droit. Ce droit de n'appartenir qu'à eux-même. Les objets n'avaient peut-être pas ce même droit, mais il n'avait pas le droit d'être posséder pour autant. Certes, on l'avait acheté, payé; certes, il était important pour nous, il avait une place dans notre maison mais au fond, il n'était que poussière, c'était juste symbolique. Est-ce que ça valait la peine que des hommes meurent pour ça? Quelques siècles auparavant des hommes se battaient, s'entretuaient pour une coupe, une simple coupe qu'ils n'avaient d'ailleurs même pas trouvé. Demandez au famille de ses gens là, à ce temps là, est-ce que, d'après eux, ça en valait la peine? Surement pas. Dans la forme si, dans le fond non.

Tout le problème était de ne pas confondre la forme et le fond. C'était dur, presque impossible certaine fois pourtant il fallait le faire, on n'avait pas le choix. Des fois, cela ne servait à rien, comme dans le cas présent, avec la fleur des neiges. Elle était belle en apparence et dans le fond elle était toute aussi belle, personne ne pouvait dire le contraire à moins de passer pour un inculte ou une personne de très mauvais goûts. Les goûts c'est personnel mais ce qui n'empêche pas qu'il y en ait des bons et des mauvais, c'est comme le monde, c'est comme les mots, c'est comme tout.

-Certes. Nous ne sommes pas tous gâtés. Aussi est-ce une barrière.

Les yeux de Céleste se détournèrent de son interlocutrice en un millième de seconde se laissant le loisir d'écouter ses paroles qu'avec ses oreilles et non pas avec ses yeux. La voix était le reflet de beaucoup de choses. Presque autant que les yeux pour qui savait écouter, malheureusement Céleste n'était pas aussi douée pour écouter que pour voir. Pour ce qui était de la barrière d'accord Céleste était d'accord avec sa camarade. Certaines personnes naissaient riches certaines personnes naissaient pauvres d'autres naissaient laides ou quelques unes avaient la chance d'être belles. Mais au fond, si c'était bel et bien une barrière, elle n'empêchait pas tout. Il était tout de même possible de briller pour ce que l'on avait à l'intérieur. Il fallait pour cela être fort, combattre tous ceux qui voulait se mettre en travers de notre chemin et ne pas hésiter à frapper. La moindre hésitation était fatale mais n'importe quelle barrière pouvait se casser.

-Les barrières se cassent.

Une personne ne suffirait peut-être pas, mais une alliance n'aurait pas trop de mal à la fracasser même si les débris devaient tomber sur d'autres personnes au passage. C'est ce qu'on appelait les dommages collatéraux et, pour le coup, ça en valait la peine. Quoi que les autres disent, quoi qu'ils fassent cela ne devait pas, jamais, nous éloigner de notre but. Rien d'autre n'était important. Pas plus le froid, qui à l'heure qui l'était, s'enfonçait comme des lames aiguisées dans la peau des deux bleues. Ni même le sang qui coulait des lèvres de Catherine lorsqu'elle souriait. Après tout, personne ne lui avait demandé de sourire.

-Enchantée.

Cette fois, Céleste ne sourit pas, pas vraiment du moins, elle se contenta de replonger son regard dans les yeux de Catherine. Un regard franc sans artifice, un regard qui souriait pour elle lorsqu'elle lui répondit.

-Moi de même.

Il ne restait plus qu'à oublier qu'aucune des deux n'oublie ce moment.
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Juliette de Rousseau

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MessageSujet: Re: Froid hivernal. [Pv]   Sam 21 Mai 2011 - 11:49

Le fin tapis de neige balayait le sol au gré du vent, fuyant ses morsures glaciales, s'efforçant d'y échapper, courant la terre désespérément pour ne pas connaître la douleur. Au lieu d'assumer son destin tel qu'il avait été écrit là-haut, de serrer les dents et supporter la souffrance qu'on lui imposait, courir. Toujours plus loin, fuir, échapper au malheur de la vie, éviter de disparaître où elle s'était nichée. Rien n'est dû au hasard, le vent est douloureux, la bise mord les joues, comme des couteaux qui laissent des traînées rouges, choses qui finissent par s'estomper avec le temps, mais juste histoire de les recouvrir. Physiquement elles n'étaient plus visibles, mais elles étaient belle et bien présentes, blessures si difficiles à panser. L'évocation de ce souvenir donne le mal de tête, lorsque l'on se souvient de ce qu'était cette plaie, des ressentiments lorsque cette lame s'approchait petit à petit jusqu'à entailler et laisser le liquide sanglant brillant et rougeoyant s'écouler au rythme des secondes. Le mieux qu'on avait à faire, c'était de serrer les dents jusqu'à en avoir mal, les lèvres closes. Mine de rien, c'était facile à dire, mais le faire... Nous sommes nés pour courir, nous avons eu des jambes, alors pourquoi ne pas prendre la fuite et courir jusqu'à que nos muscles demandent grâce ? Pourquoi pas, oui. Échapper aux fines écritures de notre destin, le dépasser et prendre à son tour cette plume gorgée d'encre et la laisser courir sur le papier tout en dégustant ces instants. De toute façon, cela ne pouvait dépasser l'illusion, il est déjà écrit, chaque petit mot fera partie d'un souvenir, d'un avenir proche ou lointain. Bien au chaud au creux de ce parchemin où notre nom trône. C'était lâche et impossible de s'en sortir vivant. On sait tous où cela finira. Quoiqu'il arrive, malgré ces courses effrénées où notre respiration se saccade, où notre cœur débordant de vaines espérances bat la chamade, une longue crevasse en est bien la destination finale.

L'intérêt de courir lorsque l'on peut marcher ? Aucun. Pourquoi se presser lorsque dans une heure les aiguilles continueront leurs symphonies du temps qui passe ? Cela ne servait qu'à arriver plus vite, plus vite nous sommes libérés. Mais au lieu de se presser, de sans cesse trébucher et de se relever les bras ensanglantés, mieux valait y aller pas à pas, lever la tête bien haut pour admirer la fine lingerie rosée de l'aube, l'élégante veste azure, le peignoir rougeoyant du crépuscule, la robe du soir couleur d'encre pailletée que revêtait le ciel. Là se dissimulait toute la beauté du monde, au fond. Dans les rayons blafards de la lune, dans les rayons incandescent du soleil ponctuant ses journées. Cachée dans des iris voilés, ou peut-être bien cachée dans notre âme-même. Enfin... Si elle daignait encore rayonner de lumière, briller au moindre rayon de chaleur, pas si elle était tachée de ténèbres, lourde, difficile à porter. Les yeux de Catherine se tournèrent de nouveau vers les frêles petites fleurs, leur petit cœur grelottant survivant aux lames d'hiver, un léger rictus éclatant au coin de leurs pétales de neige. Leurs racines profondément enfoncés dans la terre glacée, elles n'avaient guère le choix d'échapper à la douleur de leur courte vie dans ce petit acte de rébellion, car c'est cela qui leur permettait de courir. Ce qui faisait leur force. Cette petite paillette brillante, cette flamme incandescente qui se consumait, la beauté qui s'émanait d'elles. Le vent effaçait la neige, mais pas les perce-neiges, leur petite clochette tombante teintait dans un murmure argentin, inaudible si faible était-il. Tel un léger cri, à moins d'y tendre l'oreille, on ne pouvait l'entendre. Il fallait bien apprendre pour arriver à quelque chose, mais leurs sonnets étaient si élégants, divers notes de cristal s'évanouissant dans la bise mordante. Rien que pour les écouter un peu, le vent fouettait fort, juste pour leurs arpèges. Et les flocons blancs et duveteux attirés entamaient leurs valses, leur ballet dansant dans les airs. Les flocons dansent, ils dansent au gré de ces lames d'argent, ils dansent au gré des symphonies cristallines, les flocons dansent. Emportés par l'ivresse de leur pas, ils finissent par se mourir sur le sol, épuisés. Il n'y a guère d'apogée sans chute, aussi douloureuse soit-elle. Une larme de sang s'écrasa sur le sol immaculé, rouge sur blanc. Comme une douleur sur un lit de bonheur.

« Les barrières se cassent. »

La voix de Céleste brisa la symphonie, tout se tut. Elle détourna son regard de Catherine, toujours assise sur son banc, son corps et son visage toujours de marbre, un frisson n'osant la déranger. La plus jeune des Bleues s'efforçait de comprendre les paroles de la jeune femme, mais inutile de chercher plus rien, ce n'était rien de très complexe au fond. Une barrière n'était qu'un vulgaire obstacle, à force de lutte on finit bien par les briser non ? Peut-être pas tout seul, une paire de poings n'est jamais trop suffisante. Quoique... Tout dépendait des désirs de la personne en question à force de combattre, on arrive toujours à quelque chose. Catherine n'avait jamais été sûre sur ce point, n'étant pas forcément une victime d'obstacles et Céleste pas forcément plus. Du sang bleu coulait dans ses veines – puisqu'elle était là - elle touchait ses vingt ans, son visage paraissait sculpté dans la porcelaine, tellement ses traits touchaient la perfection. Et elle était loin d'être stupide.

« Moi de même. »

Ses prunelles brunes se remirent à fouiller dans ceux noisette de Catherine, regard franc et bien plus explicite que ses propres paroles, aussi délicates soient-elles. Malgré le sourire qui y transperçait, c'était avec difficulté que la jeune fille le soutenait, refusant de lâcher prise tant qu'elle s'y était accrochée fermement. Il avait beau être doux, il demeurait frustrant, bien que même si elle voulait détourner son regard, Cathy ne pouvait s'en séparer. Se fourrant plus chaudement dans sa couverture, le goût de fer se propageait dans sa bouche, amer et désagréable, une légère grimace se dessinant sur son visage.

- Elles se cassent pour mieux se reconstruire.


Ses lèvres se refendirent.

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Froid hivernal. [Pv]

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